Inovaya, la startup lyonnaise qui oeuvre pour un accès à l'eau universel

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Inovaya est notamment capable de fournir des solutions clé en main qui permettent d'approvisionner en eau potable des communautés de 500 à 20.000 personnes, mais regrette que la Loi Climat n'encourage pas à aller plus loin.
Inovaya est notamment capable de fournir des solutions "clé en main" qui permettent d'approvisionner en eau potable des communautés de 500 à 20.000 personnes, mais regrette que la Loi Climat n'encourage pas à aller plus loin. (Crédits : DR Inovaya)
TRANSITIONS ÉCOLOGIQUES. A l'occasion de la journée mondiale de l'eau, retour sur une innovation proposée par la startup lyonnaise Inovaya, spécialisée dans le traitement des eaux, qui joue sur plusieurs tableaux pour garantir l'accès à l'eau potable. Capable de travailler aussi bien dans des situations d'urgences que d'élaborer des solutions de longues durées, Inovaya essaie, à son échelle, de "faire changer le monde de l'eau profondément", tout en regrettant que l'actuelle Loi Climat n'y contribue pas.

Startup spécialisée dans le traitement de l'eau, Inovaya veut proposer une approche transversale de son domaine, de l'action d'urgence en zones défavorisées à la smart-city, en passant par l'industrie.

"Nos premières actions ont été réalisées au sein des zones de conflits, où l'accès à l'eau est difficile à cause du manque de réseau ou de personnel. Nous avons développé des machines autonomes et automatisées qui ne nécessitent pas de consommables. [...] Ensuite, nous avons travaillé dans le domaine des effluents industriels", raconte Khaled Al Mezayen, président et co-fondateur d'Inovaya.

Sur le volet accès l'eau potable, Inovaya est notamment capable de fournir des solutions "clé en main" qui permettent d'approvisionner des communautés de 500 à près de 20.000 personnes.

L'idée a d'abord germé en Roumanie, en 2013, où Khaled Al Mezayen, docteur en Pharmacie Industrielle, a mis au point un système de recyclage des eaux pour des serres hydroponiques autonomes. L'idée a fait son chemin et, en 2017, Khaled Al Mezayen fonde Inovaya, à Lyon, avec Guillaume Longchamp et Justine Vidil. En 2020, la startup a obtenu le statut Jeune Entreprise innovante et l'agrément Entreprise Solidaire d'utilité sociale.

Elle compte aujourd'hui douze salariés et a fait une levée de fonds de 930.000 euros l'an dernier. Malgré l'impact financier des conséquences de la crise sanitaire, la startup vise le million d'euros de chiffre d'affaires pour 2021.

 "Tant qu'on ne change pas de modèle économique, difficile de faire évoluer les choses"

Depuis quelques mois, Inovaya travaille dans la Smart Building alliance, une association qui a pour objectif de développer une approche fédératrice afin d'organiser la promotion de la filière des Smart Buildings au sein des Smart Cities, en associant un groupement de professionnels de l'offre.

"Si l'on veut faire des économies d'eau, il faut des petit systèmes décentralisés, pour que le bâtiment lui-même soit un acteur de l'eau. Aujourd'hui, le système est linéaire, de la station centralisée, au réseau, au tout-à-l'égout. Faire un modèle décentralisé permettrait de développer plus de résilience", souligne Khaled Al Mezayen.

Lire aussi : [Crise de l'eau 2/5] Inovaya : l'atypique Monsieur Propre des eaux industrielles

En France, par exemple, la législation sur le traitement de l'eau est plus stricte que dans d'autres pays. "Il y a la réglementation mais aussi la technicité : on est capables de traiter n'importe quelle eau et de la rendre potable [...] Il faut passer à la vitesse supérieure, où le traitement de l'eau pousse ensuite les utilisateurs à la réutilisation."

Et d'ajouter : "Tant qu'on ne change pas de modèle économique, ou de traitement, c'est difficile de faire changer les choses." Les professionnels l'eau, se sont d'ailleurs récemment exprimés sur le manque de prise en compte de ce domaine dans la loi Climat.

Lire aussi : « La loi climat oublie l'eau » (Fédération professionnelle des entreprises de l'eau)

Dans l'objectif d'accessibilité au plus grand nombre, la startup a passé plusieurs partenariats avec des organismes d'utilité publique, comme l'office de l'eau Guyanais, Solidarité internationale ou les Voies navigables de France. En octobre 2020, Inovaya a établi un accord avec la Saur (Société d'aménagement urbain et rural) et la ville de Nevers en vue de réaliser des tests et viser une certification ARS.

Le lyonnais collabore également avec Plastic Odyssey, le bateau qui va faire le tour du monde pendant trois ans pour lutter contre la pollution plastique en mer, afin de pour potabiliser l'eau à bord. "On essaie, à notre échelle, de faire changer le monde de l'eau profondément", résume Khaled Al Mezayen.

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