Terabee veut lever 10 millions pour déployer ses capteurs contre le coronavirus

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Terabee présente cette semaine au CES 2021 plusieurs produits dont son compteur de densité humaine au CES 2021, qui vise à réguler la fréquentation en lieu clos.
Terabee présente cette semaine au CES 2021 plusieurs produits dont son compteur de densité humaine au CES 2021, qui vise à réguler la fréquentation en lieu clos. (Crédits : DR Terabee)
Série CES 2021 (3/5). Terabee fait partie des 15 startups de la délégation Auvergne Rhône-Alpes à se présenter, virtuellement, aux investisseurs du CES 2021 du 11 au 14 janvier. Grâce à son expertise en capteurs 3D dits de "temps de vol", l'entreprise produit maintenant des solutions pour le smart building, l'industrie, l'agriculture... mais aussi contre la propagation du Covid-19. Et vise une levée de 10 millions d'euros courant 2021.

Compter les personnes présentes dans une magasin sans avoir à les regarder, changer la température d'une pièce en fonction du nombre d'hôtes à l'intérieur, vérifier le niveau d'un silo à distance... Voici quelques solutions que propose Terabee, une entreprise internationale basée à Saint-Genis-Pouilly (Ain), près de la frontière avec Genève. Elle s'est spécialisée dans les capteurs de temps de vol, qui permettent d'appréhender l'espace en 3D et de mesurer les distances grâce à la lumière.

Aux côtés de 14 autres startups, Terabee fait partie de la délégation estampillée Auvergne Rhône-Alpes présente cette année au CES de Las Vegas, qui se tient uniquement en ligne. Elle y présente notamment plusieurs solutions "maison" pour lutter contre la propagation du Covid-19 grâce à des capteurs, ainsi qu'un système de comptage de personnes, qui trouve habituellement des utilisations en dehors de la crise sanitaire, notamment dans le domaine de la gestion des smart buildings.

"Des solutions intelligentes basées sur les capteurs"

Fondée en 2012, Terabee compte aujourd'hui "plus de 50 employés et 20 nationalités différentes", précise Max Ruffo, son pdg et fondateur. L'entreprise entretient des liens étroits avec le CERN de Genève, le plus grand centre de physique des particules du monde, dont elle a embauché des physiciens et ingénieurs.

Terabee a commencé avec le marché des drones destinés à l'inspection aérienne, puis elle a commercialisé des capteurs de temps de vol. "Nous avons vendu des capteurs pendant cinq ans et nous continuons encore aujourd'hui, mais depuis 2019, nous avons commencé à faire des produits, des solutions intelligentes basées sur ces capteurs." Ces solutions "ne sont plus seulement des capteurs, ce sont aussi des puissances de calcul et des algorithmes."

Elles peuvent être utilisées pour l'Internet des objets, les smart buildings, le monitoring, l'industrie, l'agriculture, la construction, et, depuis 2020, contre la propagation du Covid-19.

Plusieurs applications Covid compatibles

L'entreprise a par exemple développé un boitier chargé de repérer la distance à laquelle se croisent deux personnes par exemple. Les boitiers "prennent en compte toutes rencontres et s'il y a un cas positif, il est possible de retracer toutes les personnes qui l'ont croisé de près", explique Max Ruffo. Depuis la fin de l'année 2020, Terabee en a vendu environ 11.000, dont la quasi totalité (près de 10.000) au CERN.

Terabee propose aussi des capteurs thermiques qui repèrent si les personnes ont de la fièvre et d'autres qui permettent d'activer ou de piloter des objets avec une reconnaissance de la gestuelle humaine. Ces derniers permettent ainsi d'éviter de toucher les surfaces en période de pandémie.

Enfin, parmi les solutions anti-Covid, on retrouve le compteur de densité humaine. Une technologie développée avant la crise sanitaire, mais agrémentée depuis d'un système de feux (verts et rouges) visant à limiter les entrées dans un lieu clos, et favoriser ainsi la distanciation sociale.

Dans d'autres secteurs, la technologie de comptage de densité humaine grâce aux capteurs 3D (et donc pas avec des caméras) peut aussi servir à baisser la température d'une pièce si beaucoup de personnes s'y trouvent, ou encore a connaître la fréquence d'utilisation de salles et en optimiser l'usage.

"Plus de temps pour respecter le RGPD qu'à développer la technologie"

Mais qui dit traçage et données de déplacement sur les personnes, dit aussi RGPD. Le règlement général européen sur la protection des données fait que pour chaque technologie développée, la question se pose et Terabee se doit elle aussi de respecter les règles en vigueur.

Pour les boîtiers cités ci-dessus par exemple, "on a passé plus de temps pour discuter et trouver des solutions pour respecter le RGPD qu'à développer la technologie", plaisante à moitié Max Ruffo. Le PDG de Terabee précise : "on ne connaît pas les déplacements des personnes, on sait seulement s'il y a eu une rencontre à risque et les gens ne sont pas nominés, ils ont des numéros attribués."

Cette question est centrale dans le développement de leurs solutions, notamment celles qui concernent la lutte conter la propagation du Covid-19.

"Il y a beaucoup de propositions compétitives sur le marché, mais beaucoup ne vont pas respecter la vie privée des personnes. Par exemple, pour le comptage des personnes, les autres le font avec des caméras. Nous, nous ne prenons pas d'images, seulement des distances", ajoute Max Ruffo.

Une levée de fonds en 2021

Reste que pour le pdg de Terabee, qui présentait justement ses propres capteurs à l'occasion du CES, cette édition s'annonce "compliquée" et les attentes quant aux rencontres sont mitigées. "Dans un trade show, la programmation anticipée fait que l'on peut se préparer à rencontrer tel ou tel interlocuteur, en présentiel ou en virtuel.

Mais il y a aussi quelque chose de très important habituellement dans les salons comme le CES, qui est la randomisation : les rencontres que l'on n'avait pas programmées et qui s'avèrent intéressantes, ça c'est quelques chose qu'on a perdu."

En dehors du CES, Max Ruffo prévoit de faire une levée de fonds pour 2021, d'environ 10 millions d'euros, voire plus. L'entreprise compte déjà à ce jour 28 actionnaires et un chiffre d'affaires d'environ 1 million d'euros mais son PDG entend bien passer à la vitesse supérieure et vise un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros l'an prochain. "On a vraiment besoin de faire une croissance rapide."

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