Comment les acteurs de l'innovation sociale imaginent leur Social Tech

Ce vendredi, les acteurs de l’innovation sociale présentent leur livre blanc pour la création d’une structure équivalente à la French Tech dans leur secteur. Il s’agit avant tout d’un premier axe de réflexion, dont les grandes thématiques ont été élaborées lors d’une journée d’échange aux Subsistances à Lyon, dans le cadre du forum European Lab. Une journée au cours de laquelle 70 personnes se sont réunies pour imaginer les conditions favorables au développement et au maintien de l’innovation sociale dans les territoires.

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(Crédits : Karen Latour / ADE)

A l'ombre des arcades de la cour des Subsistances, l'heure est à l'échange pour soixante-dix acteurs de l'innovation sociale. Responsables associatifs, de collectivités publiques, d'entreprises privés ou encore entrepreneurs sociaux se sont réunis ce mercredi, à l'appel de l'ONG internationale Ashoka et dans le cadre du forum European Lab, afin de réfléchir aux contours de ce que pourrait être l'équivalent d'une French Tech pour l'innovation sociale. Mais aussi pour imaginer quelles sont les conditions favorables à la fois au développement et au maintien de l'innovation sociale au sein même des territoires. A la fin de cette journée de travail, aucune décision officielle ni définitive n'est prise.

"Nous souhaitons faire naître une intelligence collective. Le mot clé est l'inspiration. Nous regardons ce qui a été fait ailleurs, ce que l'on peut garder, de quels projets nous pouvons nous inspirer. Nous ne voulons pas reproduire la French Tech", détaille Anaïs Petit, en charge de la communication chez Ashoka.

Alors pour l'heure, le rassemblement se fait autour d'une même volonté collective plutôt que d'un label ou d'une marque. Car l'objectif du jour est avant tout de définir les sujets prioritaires pour l'innovation sociale, d'élaborer des propositions concrètes pour fédérer l'écosystème afin de constituer un livre blanc présenté ce matin. "Il sera notamment destiné aux pouvoirs publics, mais l'objectif est également que les gens s'en emparent", complète Anaïs Petit.

Huit chantiers

Au total, les acteurs de l'innovation sociale ont travaillé sur huit chantiers préalablement définis. Parmi eux, la valorisation et l'accompagnement des entreprises ou organisations au cœur des territoires, la création d'une marque pour l'innovation sociale, le maillage du territoire avec des tiers-lieux, ou encore la construction et l'animation de réseaux autour des incubateurs sociaux et culturels.

Lire aussi : Arnaud Mourot (Ashoka) : "La prochaine révolution sera sociale"

Lethicia Rancurel, directrice du Tube à expérimentations urbaines (Tuba), s'intéresse quant à elle à la labellisation des territoires, et plus particulièrement à la question des échelles. "Nous nous posons la question : faut-il labelliser un territoire ou un écosystème ? La marque doit-elle être ouverte ou faut-il mettre en place un processus d'obtention ?"

Par ailleurs, le Tuba étant issu d'un partenariat public-privé, son fonctionnement interpelle à l'heure où le développement de l'entrepreneuriat social ne peut sans faire sans la collaboration avec les pouvoirs publics. "Quid de l'intérêt général et de l'intérêt privé ? Pour prendre l'exemple de la smart city, de grands groupes immobiliers investissent la ville. Mais la ville ne peut-elle être que privée ?"

Du local au national

Cette configuration bottom-up, autrement dit qui remonte des territoires, est plutôt originale, quand la French Tech s'est plutôt construite sous le format top-down. Une démarche que saluent la plupart des participants, à l'image de Simon Cahen, directeur adjoint des activités bénévoles et de l'engagement à la Croix Rouge.

"Il est intéressant d'avoir concentré tant d'acteurs sur un même lieu dans cette logique d'arriver à redonner de l'attractivité à l'entrepreneuriat social."

Cette démarche correspond "à la nature de l'innovation sociale, selon Anaïs Petit. Les problèmes liés à l'éducation, à l'emploi, ne sont pas les mêmes si on se situe à Paris, Lyon ou en Dordogne. Les réponses aux problématiques doivent émaner des acteurs."

Après avoir posé ces premiers jalons, l'idée est d'aller "plus vite" que la French Tech est d'arriver en décembre ou en janvier "à poser sur la table ce que l'on veut que soit cette French Tech de l'innovation sociale, ou quelque soit le nom que nous aurons choisi d'ici là", détaille Arnaud Mourot, vice-président Europe d'Ashoka.

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