1D Lab veut réinventer le business model du streaming musical

La start-up stéphanoise 1D Lab a créé une plateforme de streaming musical équitable permettant une meilleure rémunération des artistes. Elle est à la recherche de fonds pour passer à la vitesse supérieure.
Eric Petrotto : « Nous ne faisons pas de BtoC car le client n'est pas prêt à payer ».
Eric Petrotto : « Nous ne faisons pas de BtoC car le client n'est pas prêt à payer ». (Crédits : DR)

Un vent soufflerait-il sur le streaming musical ? Alors que le rappeur Jay-Z lance sa plateforme Tidal pour contrer les géants du secteur (Deezer, Spotify...) et les royalties trop faibles versées aux artistes, la start-up stéphanoise 1D Lab travaille sur le sujet depuis deux ans déjà. Avec une ambition un peu folle : inventer un business-model de streaming musical équitable.

Situation intolérable

« Pour un million d'écoutes, un artiste touche 1 000 euros sur Deezer, 600 euros sur Spotify et 180 dollars sur Youtube, s'indigne Eric Petrotto, directeur général de 1D Lab. En clair, plus une plateforme est utilisée, plus la rémunération des artistes est faible. » Pour ce chef d'entreprise musicien, cette situation est intolérable. « Le web est un nouveau monde que nous sommes peu à vouloir civiliser. Il y a des règles qui restent à inventer. »

1D Lab est née en 2012 sous forme associative. Depuis juillet dernier, elle est constituée en une société coopérative d'intérêt collectif qui regroupe 35 associés (créateurs et diffuseurs de contenus, fédérations et groupements, partenaires privés, salariés...). Elle fait travailler une quinzaine de collaborateurs dont trois salariés. A la fois laboratoire d'innovation culturelle et bureau d'études sur la transition digitale, 1D Lab a mis au point sa propre plateforme de streaming dont la deuxième version sera opérationnelle d'ici quelques jours : 1D Touch.

15 millions de titres

Le modèle d'1D Touch repose sur le BtoBtoC. Elle passe donc par des tiers prescripteurs (bibliothèques, médiathèques, lieux cuturels, comités d'entreprises, etc.) qui achètent et distribuent des abonnements. « Nous ne faisons pas de BtoC car le client n'est pas prêt à payer », tranche Eric Petrotto. A ce jour, une cinquantaine de structures un peu partout en France, mais aussi au Maroc et au canada, utilisent 1D Touch.

L'autre spécificité d'1D Touch est qu'elle s'intéresse uniquement aux artistes indépendants. « 75 % du catalogue mondial est détenu par trois majors, souligne Eric Petrotto. Nous, on veut s'attaquer aux 25 % restants. » La start-up stéphanoise vient à ce titre de signer un partenariat avec deux distributeurs, Believe et Idol, ce qui lui permettra d'accéder à un catalogue de 15 millions de titres. Actuellement, 230 000 titres sont disponibles sur la plateforme. Mais 1D Touch n'entend pas se limiter à la musique. « Nous allons bientôt développer une plateforme de téléchargement de jeux vidéo indépendants », souligne le dirigeant de la start-up.

Huit mois pour réunir 300 000 euros

Le caractère équitable de 1D Touch se traduit par une clé de répartition des recettes qui en fait sa spécificité. Ainsi, sur 100 euros redistribuables, 35 sont conservés par l'entreprise et 55 reversés aux agrégateurs (qui rémunèrent ensuite les labels donc les artistes) sous forme d'une part fixe et d'une part variable. « Nous prévoyons une décote de 30 % pour les titres de plus de trois ans afin d'éviter les politiques de rente et de mieux rémunérer la nouveauté. » Précisons qu'un abonnement pour un utilisateur de la plateforme 1D Touch coûte entre 2 et 2,50 euros par an.

1D Lab vise un chiffre d'affaires de 300 000 euros en 2015 et de 2 millions d'euros sous deux ans. D'ici là, la start-up espère avoir ouvert 100 000 comptes utilisateurs sur sa plateforme, contre 20 000 actuellement. Mais pour cela, elle a besoin de financements. « Nous sommes en pleine recherche de fonds, déclare Eric Petrotto. Je vais faire le tour des investisseurs et banques spécialisés dans l'économie sociale et solidaire, car les business-angels ne veulent pas investir dans une SCIC. » Confiant, le dirigeant se donne huit mois pour réunir 300 000 euros.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 02/04/2015 à 11:15
Signaler
"Ainsi, sur 100 euros redistribuables, 35 sont conservés par l'entreprise et 55 reversés aux agrégateurs (qui rémunèrent ensuite les labels donc les artistes)" Heu... c'est beaucoup moins que les autres non ? Et combien garde l'agrégateur ? Et combi...

le 02/04/2015 à 22:33
Signaler
miqwit a raison . après la marge de beleive ou idol , la marge du label la part de l'artiste sera équivalente voir moindre que sur spotify. et selon moi ( pas vous ?) 55 = 35 font 90 .... ou sont les 10% restants ? c'est pour radio france ? écrire ...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.