Capitale French Tech : Saint-Etienne et Lyon entament des discussions

Les métropoles stéphanoises et lyonnaises entament cette semaine des discussions. Objectif : déposer un dossier de candidature commun au nouvel appel à projet Capitale French Tech.

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(Crédits : Rémi Benoit)

Et si Saint-Etienne et Lyon faisaient jeu commun dans la course au nouveau label "Capitale French Tech" ? Gaël Perdriau et Gérard Collomb ont donné le feu vert politique juste avant Noël. Les équipes des deux métropoles doivent désormais négocier les détails.

Les discussions démarrent cette semaine, pour une dead-line ce 24 janvier. Si l'accord est validé lors d'une réunion officielle programmée ce jour-là, Saint-Etienne et Lyon disposeront alors d'une quinzaine de jours pour structurer leur dossier et déposer leur candidature, au plus tard le 11 février prochain.

Côté lyonnais, Renaud Sornin, le président de Lyon French Tech, affirme sa volonté de se rapprocher de l'écosystème stéphanois :

"Je suis favorable à une candidature commune parce que cela fait sens. On ne le ferait pas avec Grenoble, car les deux villes sont trop éloignées. Mais il est possible de faire travailler ensemble et de créer une véritable communauté d'entrepreneurs lyonnais et stéphanois".

Renaud Sornin insiste : "je suis très optimiste car il y a une vraie volonté des entrepreneurs stéphanois". Pour lui, le délai serré pour monter une candidature commune de dernière minute n'est pas un problème "car tout est déjà prêt du côté lyonnais".

Un enjeu majeur pour Saint-Etienne

Cela ne semble pas encore être tout à fait le cas côté stéphanois. Et pour cause... La communauté French Tech Saint-Etienne vivote ces derniers mois. Plusieurs startuppers stéphanois interrogés évoquent ainsi une flopée de réunions annulées et des manifestations ayant complètement disparu des radars.

Alors même que French Tech Saint-Etienne avait démarré sur des chapeaux de roue en 2015 en décrochant les labellisations DesignTech et Manufacturing IOT, deux spécificités très différenciantes du reste du réseau French Tech, elle semble aujourd'hui dans une morne plaine.

"Nous avons des atouts reconnus, 50 millions d'euros ont été levés depuis 2015, des stratégies d'accompagnement de l'innovation ont été mises en place par Saint-Etienne Métropole. En revanche, il est exact que l'animation n'est plus aussi dynamique", explique Marc Chaussaubéné, vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge depuis juin 2018 du design et de la French Tech.

Il justifie : "Au départ, la Métropole assumait l'animation mais il était prévu qu'elle se retire progressivement au profit des acteurs économiques car elle dispose de moyens économiques limités. Les personnes en charge de cette animation ont été progressivement affectées à d'autres missions. Le relais que nous espérions ne s'est pas fait, ce qui explique cette période de latence". Une période de flottement qu'il explique également par l'attente de la nouvelle vague de labellisation.

Des critères restrictifs

Cette nouvelle vague prévoit la constitution de "Communautés French Tech" et de "Capitales French Tech". Parmi les critères : disposer d'au moins cinq entreprises lauréates du Pass French Tech. A lui seul, ce dernier exclut de facto une candidature de Saint-Etienne : seule Boa Concept a décroché le fameux sésame sur le territoire stéphanois.

"Ce n'est pas une déception car nous avons déjà réussi à créer une belle communauté. Mais ces critères mettent de côté les territoires de la taille de Saint-Etienne Métropole", regrette Marc Chassaubéné.

Saint-Etienne a donc tout à gagner à porter une candidature commune avec Lyon. Mais pas à n'importe quel prix

"Je ne veux pas que les atouts de Saint-Etienne soient utilisés pour renforcer les faiblesses de Lyon. Le partenariat devra respecter les uns et les autres", prévient Gaël Perdriau, le président de Saint-Etienne Métropole.

Appréhension balayée d'un revers de la main par le président de Lyon French Tech. Pas question d'aspirer les pépites stéphanoises dans son mouvement.

"Il y a des endroits où l'on fait des derbys, et d'autre où tout le monde a intérêt à jouer collectif pour peser au niveau national', appuie-t-il.

Avant de reconnaître : "Je ne vois qu'un problème, celui de trouver un nom. On ne pourra pas garder celui de Lyon French Tech".

Une problématique que Marc Chassaubéné voit également comme le seul hic qui pourrait faire capoter l'affaire...

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Commentaires 2
à écrit le 16/01/2019 à 21:22
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vite ! un miroir afin que l'édile voit le vérritable hic.

le 18/01/2019 à 10:06
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San Francisco + Palo Alto = "Silicon Valley" ? Lyon + St Etienne = "Rhone Valley" (French Tech) !

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