Lyon French Tech : quelle feuille de route pour 2016 ?

French tech ticket, labellisation thématique autour de compétences émergentes sur le territoire, promotion de la formation transdisciplinaire, le président et la déléguée générale de Lyon French Tech abordent les enjeux majeurs pour 2016.

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Patrick Bertrand, à la tête de l'association Lyon French Tech
Patrick Bertrand, à la tête de l'association Lyon French Tech (Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Article publié le 01/04/16 à 06:00 / Actualisé à 11:00

Après un bilan 2015 jugé très "positif" avec 150 startups accélérées, cinq entreprises labellisées dans le cadre du Pass French Tech, de belles actions à l'international comme le Big Booster, Lyon French Tech poursuit sa marche avec de nouveaux objectifs.

"Il faut approfondir les acquis, accélérer ce qui a été mis en place et s'interroger sur comment booster de nouvelles initiatives", explique pour Acteurs de l'économie - La Tribune Patrick Bertrand, président de Lyon French Tech.

Vers des thématiques d'excellence ?

Parmi celles-ci, l'antenne lyonnaise devrait s'engager dans un nouveau dispositif proposé par la French Tech : l'élargissement du label thématique, déjà attribué à quatre territoires en 2015 (Avignon (culture), Alsace (medtech), Angers (IoT), Saint-Étienne (design)). Celui-ci peut également être décerné à des entités déjà labellisées sous d'autres formes (Métropole, territoire, etc). Lyon compte donc bien en profiter pour élargir son rayonnement et développer de nouvelles compétences :

"La démarche thématique ne doit pas tendre vers les compétences historiques du territoire lyonnais, comme le numérique ou la santé. Au contraire, nous voulons sourcer et valoriser des compétences qui existent déjà, et qui ont le potentiel pour être davantage visibles", explique Patrick Bertrand.

Ainsi, Lyon French Tech viserait des domaines comme la greentech ou la foodtech. Mais aussi l'IoT ou la fintech. Pour l'IoT, elle pourra s'appuyer sur des structures ou évènements existants, à l'instar du Salon des objets connectés (sIdO), et sur des nombreuses startups du secteur. Concernant la fintech, elle peut notamment capitaliser sur le nouvel incubateur dédié aux technologies de la finance porté par la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes.

L'enjeu est en effet "d'identifier des porteurs de projet, individuel ou en consortium, car il faut dégager du temps/homme pour développer l'initiative", souligne Virginie Delplanque, déléguée générale de Lyon French Tech. Le dossier de candidature doit être remis à Bercy au plus tard le 11 avril.

French tech ticket

Autre piste de travail pour 2016, la structure espère bien développer, en région, l'initiative du French Tech Ticket, lancé officiellement le 2 mars à Paris, en présence de François Hollande. L'objectif de cette opération vise à attirer les jeunes talents étrangers dans l'Hexagone. Pour les séduire, le gouvernement a déployé plusieurs mesures, pour un budget d'environ 1,6 million d'euros, destinées à leur simplifier la vie (visa, aide au logement, etc).

Ce programme devrait se décliner en région. C'est en tout cas la promesse du gouvernement. "Notre volonté est d'engager à Lyon le processus en 2016, pour un lancement effectif en janvier 2017", ambitionne le directeur général de Cegid.

L'objectif est d'accueillir entre 10 et 12 startups dans les 12 à 18 mois après le lancement de l'opération. "Ce calendrier suggère que nous commencions le sourcing des startups dès le mois de juin", précise Virginie Delplanque.

Pour être dans les délais fixés, "le package et les informations devraient rapidement arriver dans les territoires", espère Patrick Bertrand.

Tropisme parisien

Justement, l'installation du French tech ticket est un exemple du décalage qui peut exister entre les territoires et un certain centralisme parisien à l'œuvre dans la French Tech. Ce décalage d'opérationnalité des programmes de La French Tech et les territoires labellisés peut, dans une certaine mesure, agacer certains écosystèmes régionaux, tel celui de Lyon.

"Les informations ont parfois du mal à redescendre jusqu'à chez nous. Il ne doit pas y avoir de spécificité dans les programmes lancés par la French Tech", avance Patrick Bertrand, en référence au lancement officiel à Paris, sans qu'aucune déclinaison régionale n'ait été initiée simultanément.

Avant de préciser sa pensée :

"L'opération French Tech a permis de bien mettre en valeur des territoires et de les fédérer. Cette bannière commune est un outil formidable pour cela. Il ne faudrait pas que certains vieux tropismes coupent cet élan."

Promouvoir la transdisciplinarité

S'il y a bien un volet sur lequel Lyon French Tech compte tracer sa route, c'est dans le domaine de la formation et l'enseignement supérieur.

"Nous réfléchissons à un dispositif qui rendrait visible l'ensemble des formations liées au numérique, mais surtout, nous voulons encourager la transdisciplinarité", détaille le président.

Par exemple, mélanger des cursus liés au droit, au design, au marketing, au digital. De son côté, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne Rhône-Alpes, a promis la création "du premier campus des métiers du numérique" à Charbonnières-les-bains (Rhône). Les deux initiatives peuvent-elles se rapprocher, dans un contexte où Lyon French Tech est pour le moment sous la "tutelle" de la métropole de Lyon ? Patrick Bertrand s'estime "favorable à une telle initiative, d'un point de vue personnel", précise-t-il, ce vendredi lors d'une conférence de presse.

Du côté de la Métropole, "le volet formation ne relève pas de la Métropole, mais nous sommes satisfaits de constater que la Région se penche sur cette question. Le travail est considérable, et il faudra surtout aborder les solutions avec les acteurs concernés afin de répondre à leurs besoins", explique Karine Dognin-Sauze, Vice-présidente de la métropole de Lyon en charge de l'innovation.

Girlz in tech

Parmi les autres chantiers importants, Lyon French Tech souhaite mettre davantage en lumière les femmes, dans un secteur - le numérique - encore majoritairement masculin.

Lire aussi : Numérique : où sont les femmes ?

Mais pour développer cet axe, ainsi que les autres projets, LFT devra obtenir sa relabellisation métropole French Tech. "Il ne devrait pas y avoir de problème", certifie Patrick Bertrand.

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