De l’agrivoltaïsme oui, mais vertical : ce que veut mesurer ce démonstrateur dans le Puy-de-Dôme

Alors que le projet de loi relatif à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, en cours de débat, confirme que l'agrivoltaïsme fait partie des pistes pour assurer la transition énergétique, un démonstrateur de parc agrivoltaïque, cette fois-ci vertical, est expérimenté dans le Puy-de-Dôme par la filiale du groupe Engie (Engie Green), associée à l'Inrae. Une manière d'étudier notamment de nouveaux paramètres, comme de mesurer l'effet du chantier sur le tassement du sol ou encore les impacts des panneaux verticaux sur la faune et la flore.
Ce démonstrateur agrivoltaïque a pour fonction d'étudier le service rendu par l'installation de panneaux solaires bifaciaux verticaux sur une prairie pâturée, mais aussi d'analyser les impacts sur la production électrique. L'empreinte au sol limitée des haies solaires permettrait ainsi de conserver, en parallèle, différents types de pratiques agricoles.
Ce démonstrateur agrivoltaïque a pour fonction d'étudier le service rendu par l'installation de panneaux solaires bifaciaux verticaux sur une prairie pâturée, mais aussi d'analyser les impacts sur la production électrique. L'empreinte au sol limitée des haies solaires permettrait ainsi de conserver, en parallèle, différents types de pratiques agricoles. (Crédits : DR)

Depuis quelques semaines, Engie Green a inauguré un démonstrateur agrivoltaïque vertical (Camelia) dans le Puy-de-Dôme. Il est implanté sur une parcelle appartenant à  l'Inrae (l'Institut de recherche public œuvrant pour un développement cohérent et durable de l'agriculture, l'alimentation et l'environnement), au sein de l'Unité Expérimentale « Herbipôle » sur la commune de Laqueuille, sous la responsabilité scientifique de l'Unité Mixte de Recherche sur l'Ecosystème Prairial (UREP).

Avec une spécificité de taille : ces haies solaires sont constituées de 252 panneaux photovoltaïques bifaciaux, installés sur pieux battus, et associés à 50 capteurs de suivi. L'ancrage est simple et réversible et l'emprise au sol se veut réduite afin de tester de nouveaux modes de production mais aussi d'usages autour des énergies renouvelables :

Ce démonstrateur agrivoltaïque, qui représente un investissement d'un million d'euros sur trois ans et demi d'expérimentation, a pour fonction d'étudier le service rendu par l'installation de panneaux solaires bifaciaux verticaux sur une prairie pâturée, mais aussi d'analyser les impacts sur la production électrique. Car l'empreinte au sol limitée des haies solaires permettrait ainsi de conserver, en parallèle, différents types de pratiques agricoles, tout en visant une production de 100 MwH annuelle.

Les objectifs de l'expérimentation sont en effet nombreux. Pour Emmanuel Hugo,  président du Centre Inrare de Clermont-Auvergne-Rhône-Alpes, « le projet Camelia permet d'aborder des questions de recherche originales en agrivoltaïsme, comme l'effet du chantier sur le tassement du sol, les effets des panneaux verticaux sur le microclimat de la prairie et sur les animaux ».

Les conséquences seront également évaluées concernant les services rendus par les prairies : « à savoir la production de fourrage ainsi que le stock de carbone présent dans le sol, ainsi que sur le comportement des animaux ».

La réponse de la prairie sera ensuite comparée avec celle d'une prairie témoin, présente à proximité immédiate du site, qui sera adossée à un observatoire national de recherche Inrae sur les Agroécosystèmes, Cycles Biogéochimiques et Biodiversité (ACBB du réseau ANAEE-F : Analyse et Expérimentation sur les Ecosystèmes) et à un réseau européen sur les Systèmes d'Observation du Carbone Intégré (ICOS).

Des suivis saisonniers et pluriannuels garantiront l'acquisition de données fiables pour évaluer l'intérêt et la pertinence de ce démonstrateur pour l'élevage. « Selon les effets micro climatiques attendus, l'écartement et la hauteur des haies sont adaptés. Ainsi nous envisageons une application en culture annuelle, céréalières ou maraichères », précisent les équipes d'Engie.

Un outil pour modéliser la production agricole et la production énergétique

L'outil permettra également de modéliser la production agricole et la production énergétique de ce type de technologie solaire. L'agrivoltaïsme explore en effet de nouvelles synergies entre production électrique et production agricole.

« Ce projet va bien au-delà d'un site d'études, nous développons ici un modèle de collaboration au profit d'une économie, à la fois circulaire et locale. C'est ainsi qu'Engie Green entend développer les énergies renouvelables à l'échelle nationale et en phase avec notre label TED, Transition Energétique Durable, qui défend des projets profondément ancrés dans leur territoire, respectueux de l'environnement et utiles à la lutte contre le dérèglement climatique », appuie Christine Lafaix, directrice Offres, Clients et Innovation d'Engie Green.

Le secteur agricole contribue en effet pour près de 20% à la production d'énergies renouvelables en France. Engie Green travaille au quotidien avec un réseau d'un millier d'agriculteurs, exploitants et propriétaires dans toute la France.

La réussite de ces collaborations l'amène à franchir un pas supplémentaire avec l'agrivoltaïsme, préfigurant de nouvelles synergies entre les deux secteurs. Pour Engie Green, les haies solaires composées de panneaux bi-faciaux font partie des innovations prometteuses qui peuvent s'adapter à de nombreuses pratiques agricoles avec une empreinte au sol limitée et un système d'ancrage simple, modulable et réversible.

Il s'agit cependant d'un premier démonstrateur : « Il n'y a pas de retour sur investissement en tant que tel attendu. C'est un projet pilote qui annonce un déploiement à plus grande échelle dans les prochaines années. »

Leur profil linéaire étroit facilite leur intégration paysagère. L'expertise de l'Inrae permettra ensuite de mesurer les effets agronomiques de l'installation et d'apporter aux éleveurs intéressés des données précises et objectives, essentielles à l'élaboration de leurs projets.

Projet collaboratif pour économie circulaire locale ?

Premier exemple de boucle vertueuse, ce démonstrateur associe également la société laitière de Laqueuille, un acteur local important de l'industrie agroalimentaire. En effet, à sa mise en service, un contrat de vente d'énergie Engie permettra à Camelia de couvrir une partie des besoins en électricité de la laiterie.

Au-delà d'un projet technologique, Camelia vise ainsi à expérimenter un modèle d'interactions avec les filières agricoles avec à la clé, plusieurs avantages : accompagner des projets agricoles, répondre aux enjeux climatiques et énergétiques, consolider les relations entre les différents acteurs locaux et les soutenir dans la tenue de leurs objectifs de décarbonation.

« Le cadre de l'agrivoltaïsme se dessine progressivement depuis environ deux ans », précise Engie Green. « Le projet de loi relatif à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, en cours de débat, vient confirmer que l'agrivoltaïsme fait partie de la stratégie. Le projet Camelia représente l'une des solutions agrivoltaïques. »

 Le démonstrateur Camelia en chiffres :

- 252 panneaux verticaux bifaciaux orientés est/ouest pour une puissance installée de 89 kWc ;

- 9 haies verticales avec des écartements de 12 m et de 18 m, réparties au sein d'un hectare.

- Plus de 50 capteurs de suivi agronomiques et météorologiques ;

- 1 million d'euros d'investissements, porté par Engie sur trois ans et demi d'expérimentation ;

- 100 MWh de production annuelle.

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Commentaire 1
à écrit le 07/12/2022 à 9:05
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On se prend bien la tête pour la nature alors qu'il suffirait d'exécuter l'agro-industrie pour régler définitement le problème de cette menace environementale qu'ils font peser mais bon ça reste quand même interessant, au moins on aprle de sauvegarde...

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