Salles d'escalade : la crise n'a pas eu raison de l'isérois Hapik, qui lève 15 millions pour doubler son parc

L'entreprise grenobloise Hapik, à la tête de plus d'une vingtaine de salles d'escalade ludiques en France et en Europe, annonce une levée de fonds de 15 millions d'euros auprès d'un de ses actionnaires historiques, le fonds d'investissement Eutopia, et de Trocadero Capital Partners Finance. Ce tour de table lui permet de racheter le réseau anglais Rock'Up et doit le mener, d'ici trois ans, à doubler son parc de salles. Un challenge audacieux, dans un contexte encore empreint de prudence sanitaire.

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D'ici 2025, notre objectif est d'exploiter plus de 50 sites en Europe afin d'asseoir notre position de leader, annonce Antoine Richard, président d'Hapik, qui dispose déjà de 15 salles en France.
"D'ici 2025, notre objectif est d'exploiter plus de 50 sites en Europe afin d'asseoir notre position de leader", annonce Antoine Richard, président d'Hapik, qui dispose déjà de 15 salles en France. (Crédits : Hapik)

L'ambition est simple, claire et nette, même si dans une ambiance encore très "Covidée", elle peut susciter malgré tout quelques inquiétudes à court terme. Le grenoblois Hapik (15 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé sur 2021/2022; 250 salariés) vise un doublement de son parc de salles d'escalades ludiques sous 3 ans.

"D'ici 2025, notre objectif est d'exploiter plus de 50 sites en Europe afin d'asseoir notre position de leader", annonce Antoine Richard, président d'Hapik.

C'est lui qui, en 2016, avait eu l'idée de ce concept de salles ludiques d'escalade, ouvertes à tous, petits et grands, experts comme néophytes de la grimpette.

Il était alors aux manettes du fabricant isérois de murs d'escalades Entre-prises et se trouvait aux premières loges pour saisir les opportunités liées aux évolutions du marché. Après avoir levé 2,6 millions d'euros dès 2016, il a depuis développé ses salles indoor dans une quinzaine de centres commerciaux en France, auxquelles s'ajoutent deux salles exploitées par sa filiale américaine créée en 2019 et deux master franchises concédées aux Pays-Bas et en Espagne.

Accélérer via la croissance externe

Antoine Richard s'attelle donc désormais à une nouvelle page de la croissance d'Hapik, soutenu par une levée de fonds de 15 millions d'euros finalisée tout récemment auprès d'Eutopia, actionnaire historique, et de Trocadero Capital Partners.

Grâce à cette opération, un premier jalon de poids vient conforter son objectif de multiplier par deux le nombre de ses salles : Hapik vient d'acquérir le réseau anglais Rock'Up et ses sept centres d'escalade ludique (6 millions d'euros de chiffre d'affaires).

"Nous allons poursuivre notre politique d'expansion. Et pour aller plus vite, grâce aux moyens que nous ont donnés cette levée de fonds, nous pouvons nous positionner sur de la croissance externe. L'escalade ludique est encore un marché nouveau, il y a beaucoup d'emplacements à prendre, nous devons aller vite pour ne pas nous faire rattraper".

Antoine Richard ne cache pas ses ambitions pour les Etats-Unis notamment, ou encore l'Allemagne où une filiale devrait voir le jour dans les prochains mois.

Enjamber la crise Covid

"Notre développement s'est fait par vagues, la dernière s'étant ironiquement déroulée en pleine crise Covid. Nous étions impactés très durement mais nous avons préféré valider les signatures car nous avions réussi à atteindre de très beaux emplacements".

Le chiffre d'affaires, de 948.000 euros sur l'exercice 2017/2018 avait explosé à plus de 3,2 millions sur 2019/2020. En raison de la pandémie, il était brutalement retombé à 1,2 million sur l'exercice 2020/2021. La dernière année comptable qui s'est achevée en mars pour Hapik affichera un CA consolidé, après acquisition de Rock'Up, de l'ordre de 15 millions d'euros.

"Évidemment, la fermeture de nos salles pendant un an a été très difficile, pour nous comme pour tous les acteurs du loisir indoor. D'autant que jusqu'à décembre 2020, nous n'avions droit qu'à l'allocation d'activité partielle et au PGE. Heureusement, ensuite, nous avons pu percevoir l'aide aux couts fixes. Et finalement, nous ne nous en sortons pas si mal", souligne Antoine Richard, signalant toutefois qu'il n'a pas été aisé de lever des fonds sur ce secteur jugé par les investisseurs comme trop sensible en raison de la pandémie.

"Nous n'avons pas retrouvé les niveaux de fréquentation d'avant-crise c'est certain mais nous constatons une vraie volonté des clients de retrouver des loisirs en salle". Le dirigeant reconnait que les prochains mois seront sensibles en matière de trésorerie car il devra rembourser son PGE (un million d'euros), sans piocher dans les stocks de la levée de fonds plutôt fléchés vers le développement.

"Nous avons préféré ne pas demander de report, car nous faisons appel à l'endettement pour ouvrir nos salles et nous ne voulions pas prendre le risque de voir notre cotation Banque de France dévaluée", signale le dirigeant, souhaitant avant tout préserver son potentiel de croissance.

Hapik se positionne d'ores et déjà comme le leader français. Elle est aussi, depuis 2020, entreprise à mission. Chaque semaine, elle ouvre gratuitement les portes de ses salles à des associations diverses.

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