Inspection automobile : avec la nouvelle génération de son portique connecté, ProovStation part à la conquête de l’export

On l’avait laissée, début 2021, avec de grandes ambitions, en plein déploiement de 80 portiques d’inspection automobile automatisés, et avec une levée en cours de 10 millions d’euros. Un peu plus d’un an plus tard, la jeune pousse lyonnaise ProovStation présente la deuxième version de son produit au salon de l'automobile de Lyon, avec la promesse de performances et d’économies d’énergies réhaussée, et surtout la volonté de doubler son parc installé chaque année, et même d’adresser le segment des particuliers courant 2022.

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Au salon de l'automobile de Lyon, la jeune pousse lyonnaise ProovStation a présenté la nouvelle génération de son portique connecté, qui vise à révolutionner l'inspection visuelle des véhicules pour les professionnels, mais aussi bientôt pour les particuliers.
Au salon de l'automobile de Lyon, la jeune pousse lyonnaise ProovStation a présenté la nouvelle génération de son portique connecté, qui vise à révolutionner l'inspection visuelle des véhicules pour les professionnels, mais aussi bientôt pour les particuliers. (Crédits : DR)

Elle ambitionnait de transformer le domaine de l'inspection automobile au sens large : que ce soit chez les concessionnaires, loueurs ou réparateurs de voitures, ProovStation comptait bien y installer ses portiques connectés, reliés à une application mobile utilisant de l'intelligence artificielle, afin d'automatiser et de fiabiliser une étape de diagnostic, jugée « opérateur dépendante » et trop gourmande en temps.

Ce jeudi, la jeune pousse cofondée à Lyon en 2018 par Cédric Bernard, issu du groupe automobile Bernard (Bourg-en Bresse), présentera la "V2" de son portique connecté au salon de l'automobile de Lyon, en cours de déploiement auprès de 130 clients en Europe, mais aussi désormais en Asie et aux Etats-Unis.

Avec au menu, une nouvelle génération de son portique automobile qui se veut encore plus "high-tech" puisqu'elle propose, avec l'aide de l'intelligence artificielle, un scan automatique d'un véhicule (tous gabarits confondus) en l'espace de 3 secondes... de quoi ouvrir grand la porte à « l'industrialisation » du concept-même de l'inspection automobile.

Car si elle ne vise toujours pas l'inspection mécanique ni à remplacer l'acte du contrôle technique, la jeune pousse veut plutôt concurrencer l'inspection visuelle, où elle estimait déjà qu'il existait un marché de taille début 2021.

Une inspection au rythme "industriel"

Désormais, la nouvelle génération de son produit passera notamment par le passage d'une caméra monochrome en noir et blanc à une caméra couleur, qui traduit sa volonté d'amener ainsi plus de précisions lors de ses inspections. Son scanner prendra d'ailleurs désormais près de 300 photos par véhicule, avec un passage possible toutes les 20 secondes... Soit une capacité de 1.000 véhicules maximum par jour, même si ce chiffre n'a pas nécessairement vocation à être atteint.

« Ce rythme est pertinent au vu du métier de nos clients,  qui sont désormais des loueurs automobiles comme Sixt, avec lequel nous déployons une expérimentation à l'aéroport de Lyon, des acteurs comme la British Car Auction en Angleterre, ou encore le logisticien GCA du groupe Charles André. Entre les constructeurs, réparateurs, distributeurs, loueurs et logisticiens, nous couvrons ainsi désormais toute la chaîne des acteurs automobiles », fait valoir Cédric Bernard.

Le portique connecté de ProovStation a également vu sa consommation électrique divisée par 7, en misant notamment sur une nouvelle technologie issue du champs de l'optronique (une combinaison de l'optique et de l'électronique utilisée en premier lieu dans le domaine militaire) et grâce à l'optimisation de certains outils embarqués.

« Notre processus d'installation s'est également vu accéléré, puisqu'une station est désormais déployable en quelques heures, pour un coût qui est compris entre 3.000 et 5.000 euros, à travers une location mensuelle comprenant un engagement allant de 48 à 72 mois », confirme le cofondateur.

Autre nouveauté : ce scanner automobile comprend un capteur mesurant la pression des pneumatiques, conçu directement par le groupe Michelin, en vertu d'un partenariat passé l'an dernier avec l'équipementier clermontois et qui permet à ProovStation de rendre l'invisible « visible ».

Des loueurs à une clientèle plus large... incluant même les particuliers ?

On comprend donc qu'après avoir axé en premier lieu son modèle à destination des gros joueurs de la location automobile, ce salon est l'occasion pour la jeune pousse lyonnaise de confirmer son ouverture à d'autres cibles de clientèle... en allant même viser, d'ici quelques mois, la cible des particuliers, à travers un partenariat qui devrait être annoncé très prochainement.

« Notre idée est de pouvoir nous ouvrir aussi la clientèle particulière en proposant, à ceux qui souhaitent vendre leur voiture ou effectuer une réparation, d'accéder à nos portiques afin de bénéficier d'une inspection gratuite qui puisse être reliée à une offre émanant de l'un de nos partenaires, en recevant par exemple un engagement de reprise ferme de leur véhicule ou un devis pour une réparation ».

Pour cela, des zones de flux importants, comme les centres commerciaux, pourraient être privilégiées pour ce type de déploiement, dont les modalités demeurent encore à préciser.

Une industrialisation en France qui suit son rythme

Pour concevoir ses portiques connectés, ProovStation dispose d'un partenariat avec un industriel français, dont il souhaite que le nom demeure confidentiel, mais une chose est sure : il disposerait de capacités suffisantes pour faire face à la demande.

« Nous pouvons monter à 50 portiques fabriqués par mois, ce qui est suffisant pour alimenter notre plan qui vise à doubler chaque année notre parc en cours de déploiement, qui est aujourd'hui de 130 stations », assure Cédric Bernard.

Un chiffre qui ne serait pas non plus affecté, pour l'heure, par la pénurie de composants électroniques qui a frappé le secteur automobile, ni par la hausse du prix des matériaux, d'après son cofondateur.

« Nous avions déjà un bon carnet de commandes qui nous a permis de lisser notre production au fur et à mesure et de nous préparer ».

Face à lui, trois principaux concurrents demeurent présents sur ce marché à l'échelle internationale, notamment en Allemagne, en Israël et au Royaume-Uni. Cela n'inquiète pas particulièrement ProovStation qui compte miser, d'une part, sur la promesse de rapidité de sa nouvelle génération de stations (3 secondes par inspection), mais aussi, sur l'apprentissage continu de ses algorithmes d'intelligence artificielle, qui sont déjà entraînés actuellement à réaliser « plusieurs dizaines de milliers d'inspections par mois ».

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