Conduite autonome : le "teasing" de Navya sur l’étape d’après, attendue en mars

Le lyonnais Navya, spécialisé dans la conduite de navette autonome depuis sa création en 2014, espère bien voir décoller le marché, et notamment franchir un nouveau cap avec l’opération d’une flotte d'une autonomie de niveau 4. Le groupe annonce ce mardi qu'il dévoilera "une première de rang mondial" lors du prochain salon de Autonomy Paris, qui se tiendra les 16 et 17 mars prochains.

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(Crédits : DR/Navya)

L'étape "tant attendue" pourrait n'être qu'à un jet de pierre, ou presque... C'est en tous les cas ce qu'annonce Navya : le concepteur de solutions de navigation pour la conduite des navettes autonomes affirme, ce mardi matin, qu'il dévoilera en "première mondiale" son système de supervision à distance d'une flotte de véhicules dit, de niveau 4.

Soit un système capable d'opérer une flotte de navettes autonomes entièrement supervisée à distance et donc, sans opérateur à son bord.

"En juillet 2020, Navya a franchi une étape structurante dans la mobilité autonome avec la première opération de niveau 4 sur site fermé, c'est-à-dire le déploiement d'une navette en autonomie complète, sans opérateur à bord", précise le groupe.

Une référence à l'expérimentation menée, sur le site du Centre National de Tir Sportif (CNTS) de Châteauroux en France, où il opère déjà en lien avec Keolis un premier service de navette en autonomie complète, destiné à assurer les déplacements des athlètes et des visiteurs à l'intérieur du centre.

Pour rappel, cette navette se déplace déjà sur une distance de 1,6 km, à une vitesse maximale de près de 15 km/h, avec un site fermé mais placé en circulation mixte, et notamment un stop et des priorités à respecter.

"Aujourd'hui, Navya va plus loin avec la mise en œuvre de son système de supervision à distance d'une flotte de navettes, une réalisation fondamentale en vue de l'industrialisation des solutions de niveau 4", affirme la société.

Une étape attendue sur un marché, qui reste cependant à encadrer

Une étape qualifiée de "décisive" par celui qui se pose comme l'un leader des systèmes de conduite autonome, qui travaillait depuis plusieurs années sur une série d'expérimentations menées à l'échelle de l'Hexagone.

Au total, ce sont en effet plus de 180 exemplaires de sa navette Autonom Shuttle, son principal axe de développement, qui ont déjà été déployés sous la forme de différentes expérimentations au sein de 23 pays.

Cette fois, Navya devrait donc présenter plus précisément, et surtout "démontrer", plusieurs paramètres : à commencer par "l'automatisation des fonctions de supervision sur une flotte de navettes sans opérateur à bord", mais aussi une fonction "d'auto-diagnostic du fonctionnement des navettes et un monitoring automatisé de leur environnement", ainsi que la manière dont "les échanges en temps réel de données techniques, audio et vidéo si nécessaire se font entre chaque navette et le Poste de Commande Centralisé (PCC)", ou encore " la remontée et l'analyse au sein du PCC des données pertinentes aussi bien internes que tierces, permettant d'assurer une supervision anticipative."

A travers cette annonce, le groupe entend donc montrer patte blanche auprès de son marché potentiel, mais aussi, plus indirectement, des autorités françaises en premier lieu.

L'Etat français a en effet déjà octroyé un premier coup de pouce de 7,5 millions à Navya, à travers le plan France relance, même si la réglementation encadrant ce secteur demeure justement pour l'heure à préciser, à l'heure où aux Etats-Unis, les dernières expérimentations de voitures sans volants menées affichent des taux d'accidentologie encore rédhibitoires (allant en moyenne à un accident tous les 508.000 kilomètres, là où l'expérimentation Waymo de Google affiche même un ratio supérieur, tous les 29.440 kilomètres).

De quoi rendre les autorités mais également les constructeurs frileux, même si, comme le défendent les acteurs comme Navya, le marché des navettes autonomes vise au contraire à offrir des conditions de navigation plus restreintes et également supervisées à distance par un opérateur.

Le virage du marché de la voiture vers celui des navettes autonomes en premier lieu

La direction que prend désormais le marché de la voiture autonome est en effet "loin de ce qu'on imaginait il y a trois, quatre ans, quand on imaginait un level 5 beaucoup plus tôt. En outre, il sera réservé, tout comme le level 4, à des usages strictement professionnels comme les robot-taxis, les liaisons de dernier kilomètre ou la logistique", observait également José Baghdad, associé responsable du secteur automobile chez PwC France, interrogé par La Tribune.

L'ancienne dirigeante de la RATP et la SNCF, Anne-Marie Idrac, chargée par le président de la République de la réflexion sur la stratégie nationale entourant les voitures autonomes, reconnaissait elle-même récemment, toujours auprès de La Tribune "En réalité plus personne ne croit au véhicule "sans volant". Tout le monde se focalise désormais sur des cas d'usage à la fois technologiquement atteignables, et économiquement et socialement pertinents".

C'est donc vers un marché, plutôt recentré vers les cas d'usages en lien avec des navettes autonomes, mais supervisées à distance, que des groupes comme Navya devraient donc désormais se diriger.

Avec la "première mondiale" qui sera dévoilée à Paris à la mi-mars, Navya entend d'ailleurs le démontrer : « Ces nouveaux développements apportent aux opérateurs de transport les fonctionnalités critiques, permettant de piloter à distance une flotte de véhicules autonomes. Ils améliorent la disponibilité du service et garantissent la sécurité de toutes les navettes et de leurs passagers. Il s'agit d'un jalon capital pour Navya afin de lancer la commercialisation de ses solutions de niveau 4 », affirme la nouvelle présidente du directoire, Sophie Desormière, arrivée aux commandes il y a quelques semaines, dans l'objectif dépasser justement à un stade de commercialisation.

Avec néanmoins, un modèle qui devra être associé à celui du déploiement de la 5G pour pouvoir réellement démontrer son intérêt. Déjà, dans un communiqué en date du 19 octobre 2020 concernant la mise en service de sa navette autonome à Châteauroux, Navya rappelait lui-même que "l'utilisation prochaine de nouvelles technologies renforcera la fiabilité et la qualité de service accrue, à l'instar de la 5G qui permettra de réduire considérablement la durée de latence et de viabiliser la transmission de données".

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Commentaire 1
à écrit le 18/01/2022 à 17:54
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A part persister dans la chasse aux subventions, quel est l'intérêt de ce véhicule qui aura le même destin que les sea bubbles qui subventionnés par la Mairie de Paris et Bercy devaient voler au dessus de la Seine depuis deux ans !!!!

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