"Plastique bashing" : l'embouteilleur Alma investit dans le premier centre européen de recyclage de bouteilles

TRANSITIONS ECOLOGIQUES. Il embouteille les marques Cristaline, Thonon, Saint-Yorre, Vichy Célestins… Le groupe Sources Alma a inauguré récemment sa nouvelle usine de recyclage, Roxpet, à Saint Yorre (Allier). Objectif : produire jusqu'à 20.000 tonnes de plastique recyclé, soit l'équivalent moyen d'un milliard de bouteilles chaque année, faisant de ce nouveau site "le premier centre européen du recyclage entièrement intégré", avec l’atelier d’injection Regina et le site d’embouteillage des eaux minérales Saint-Yorre et Vichy Célestins (SCBV).

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Ce sont près de 20.000 tonnes de plastique PET recyclé (soit l'équivalent moyen d'un milliard de bouteilles) qui devraient ainsi sortir chaque année du nouveau site Roxpet des Sources Alma, basé à Saint-Yorre (Allier). Une manière également de travailler à sécuriser son approvisionnement, afin de couvrir ses propres besoins jusqu'en 2030.
Ce sont près de 20.000 tonnes de plastique PET recyclé (soit l'équivalent moyen d'un milliard de bouteilles) qui devraient ainsi sortir chaque année du nouveau site Roxpet des Sources Alma, basé à Saint-Yorre (Allier). Une manière également de travailler à sécuriser son approvisionnement, afin de couvrir ses propres besoins jusqu'en 2030. (Crédits : DR)

Alors que le plastique n'a plus bonne presse et que les exigences des consommateurs se renforcent, des projets, comme celui de l'embouteilleur Alma (marques Cristaline, Thonon, Saint-Yorre, Vichy Célestins) souhaitent accélérer.

Ce sont près de 20.000 tonnes de plastique PET recyclé qui devraient ainsi sortir chaque année du nouveau site Roxpet, basé à Saint-Yorre (Allier), à quelques pas de l'atelier d'injection Regina et le site d'embouteillage des eaux minérales Saint-Yorre et Vichy Célestins (SCBV) du groupe. Soit l'équivalent moyen d'un milliard de bouteilles, entièrement fabriquées à partir de PET recyclé (rPET) de qualité contact alimentaire.

Objectif : contribuer à mieux préserver les ressources naturelles, en faisant appel à du rPET fabriqué lui-même en France, dans sa propre usine de recyclage à Lesquin (Nord).

"Le site de Lesquin (59) a été précurseur en matière de recyclage circulaire du PET, utilisé de bouteilles à bouteilles. Celui de St-Yorre est plus ambitieux encore : avec des capacités de 20.000 tonnes de rPET par an, il permet aux Sources Alma de multiplier par 2,5 ses capacités de recyclage de PET en France", explique Luc Baeyens, directeur général des Sources Alma.

Le seul site "de la bouteille à la bouteille"

La particularité de ce nouveau site, qui le rend unique au monde, réside dans le choix de son installation, qui se trouve désormais sur le site même d'embouteillage des eaux minérales des marques St-Yorre et Vichy Célestins. Ainsi, Roxpet permettra de faire transiter, sans aucun transport, des paillettes de bouteilles post-consommation, à de nouvelles bouteilles en PET 100% recyclé.

Et ce, au moyen de trois étapes clés intégrées : recyclage, incorporation et embouteillage. Car il sera, pour cela, adossé aussi à l'atelier d'injection Regina, qui constitue l'étape suivante pour utiliser cette matière recyclée, afin de fabriquer, sans transport, les préformes de bouteilles destinées ensuite aux sites d'embouteillage les plus proches.

De quoi faire de saint-Yorre "le seul site en Europe en économie circulaire complète" de la bouteille à la bouteille, selon le groupe.

Depuis le site de St-Yorre, seront ensuite approvisionnés les autres sites d'embouteillage les plus proches, notamment avec des préformes de bouteilles fabriquées à St-Yorre en PET recyclé. Une boucle circulaire destinée à diminuer les étapes de transport.

À terme, les Sources Alma ont pour ambition de traiter, dans leurs centres de recyclage intégrés, 100% des bouteilles - en équivalent tonnes - mises sur le marché, en vue de fabriquer du rPET dans un système circulaire et continu de recyclage. "Et nous sommes les seuls à le faire !", affirme Luc Baeyens.

Là où l'Europe impose, à l'horizon 2030, un minimum de 30% de recyclé dans les productions plastiques, le groupe compte déjà faire grimper ce score à plus de 50% dans toutes les bouteilles du groupe Alma.

Car les enjeux au sein de la filière plastiques sont bien là : selon un rapport sur les filières de recyclage des déchets en France, remis au gouvernement en 2020, "la filière plastique apparaît peu performante sur le plan du recyclage, alors que le recyclage des résines est l'une des conditions de l'acceptation sociale de ce matériau, ce dont les grandes entreprises ont aujourd'hui conscience ». Avec le "plastique bashing" qui grimpe, le sujet est donc devenu brûlant pour les plasturgistes et producteurs de matières polymères.

Près de 40 millions d'euros en fonds propres

L'enjeu est aussi devenu un poste d'investissement majeur pour les Sources Alma également, qui ont investi 80 millions d'euros dans leur propre plan de recyclage, dont la moitié pour le nouveau site Roxpet de Saint-Yorre. "La société a investi sans fonds publics, par choix, nous n'avons pas pour habitude de dépendre de l'argent de l'Etat", confie Luc Baeyens.

Une manière également de travailler à sécuriser son approvisionnement, afin de couvrir ses propres besoins jusqu'en 2030, tout en maîtrisant ses coûts au plus serré, dans une industrie où des marques comme Cristaline affichent leur bouteille d'eau à 17 centimes d'euros le litre en moyenne.

Pour nourrir sa boucle circulaire au quotidien de nouvelles matières à recycler, le groupe Alma s'appuiera notamment sur les machines de collecte de bouteilles vides, les Ecobox, installées sur les parkings des hypermarchés Auchan.

Une fois récoltées, les bouteilles usagées sont transformées en matière première qui permet la fabrication de nouvelles bouteilles d'eau, sur l'ensemble du territoire français.

Aujourd'hui, plus de 150 systèmes de collecte de bouteilles sont installés et opérationnels sur les parkings des hypermarchés. Plus de 170 millions de bouteilles ont ainsi été collectées, soit plus de 4.200 tonnes de PET recyclées en France.

Un engagement depuis 2009 dans le rPET

Alors que le plastique fait de plus en plus régulièrement la manchette pour ses conséquences en matière d'environnement, et notamment de pollution marine, la France s'est engagée, dans le sillon de cela communauté internationale, à bannir les plastiques à usage unique d'ici à 2040.

Avec une étape transitoire visant, avec la loi antigaspillage et économie circulaire (loi Agec) de février 2020, à "tendre" vers 100 % de plastiques recyclés en 2025, ou encore incorporer 30 % de plastiques recyclés dans toutes les bouteilles d'ici à 2030.

Près de 26 millions de tonnes de déchets plastiques sont en effet générées chaque année à travers l'Union européenne, alors que seulement 30% de ces déchets sont collectés pour le recyclage.

En France, seulement 24,2 % des matières plastiques étaient recyclées en 2018, selon un rapport de l'organisme professionnel européen regroupant les producteurs de matières plastiques Plastics­Europe, tandis que le reste était destiné à être incinéré pour produire de l'énergie (43,3 %), ou être mis en décharge (32,5 %).

Le groupe Alma s'est lui-même engagé dans la filière du recyclage en créant, dès 2009, une première usine de fabrication de rPET afin d'augmenter le taux d'incorporation de PET recyclé dans la fabrication de ses bouteilles.

Aujourd'hui, ses propres bouteilles d'eau plate d'un litre et plus (Cristaline, Thonon, Pierval, St Amand, Courmayeur, Mont Blanc, Mont Dore) intègrent au moins 25% de PET recyclé. Certaines, comme Vernière, Biovive, MontCalm sont même déjà fabriquées avec 100% de rPET !

Une avancée technologique majeure puisque pour le faire, il est nécessaire de conserver en parallèle les propriétés du PET 100% vierge, en termes de qualité, de sécurité, de résistance et mais aussi en le rendant compatible avec les rendements attendus, afin de ne pas ralentir la fabrication.

Pour autant, le groupe Alma ne souhaite pas se diriger vers certaines alternatives, jugées plus durables comme le verre et sa consigne :

"La fabrication du verre à une empreinte carbone très importante à laquelle il faut rajouter le transport, le lavage", argumente Luc Baeyens. "Tout le monde pense que le verre est plus vertueux mais c'est une erreur, sans compter que la vitesse d'embouteillage est plus lente qu'avec des bouteilles en plastique. Aujourd'hui, nous avons réussi à diviser par trois notre bilan carbone et on peut recycler à l'infini le plastique, c'est un matériau inerte".

Le plastique bio-sourcé n'inquiète pas non plus le directeur général Sources Alma, qui rappelle que ses travaux se font sur plusieurs fronts : "Nous allégeons par exemple nos bouteilles depuis longtemps. En 1994, une bouteille de Cristaline pesait ainsi 42 grammes, aujourd'hui, elle est descendue à 20 grammes, tandis que son bouchon est désormais attaché pour éviter qu'il ne se perde dans la nature. Ce sont des arguments auxquels sont sensible les jeunes générations".

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Commentaire 1
à écrit le 20/11/2021 à 12:34
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En effet le plastique c'est moins fantastique mais par contre toujours autant présent dans nos produits quotidiens. Au lieu de vendre du plastique de m... déjà il serait bon de revenir à la recette de base inusable et incassable car il faut savoir qu...

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