Fils électroniques intelligents. Conforté par une levée de 15 millions, le passage à l'échelle de Primo1D est pour bientôt

INNOVATION. Sa technologie permet d'intégrer le RFID à des fils et donc, de rendre "intelligents" des textiles, les pneus ou câbles... Renforcée désormais par un troisième tour de table à 15 millions d'euros, la startup grenobloise Primo1D se prépare désormais à investir plusieurs millions à Grenoble. Objectif : franchir le cap du passage à l'échelle industrielle pour la production de ses fils électroniques intelligents. Avec de nouveaux marchés qui s'ouvrent en lien avec les enjeux d'économie circulaire et de l'identification.

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Primo1D propose d'inclure la technologie RFID sous forme de fil, et se trouve déjà en capacité de produire un million de composants par année, pour un million d'euros de chiffre d'affaires. Mais elle vise désormais beaucoup plus haut.
Primo1D propose d'inclure la technologie RFID sous forme de fil, et se trouve déjà en capacité de produire un million de composants par année, pour un million d'euros de chiffre d'affaires. Mais elle vise désormais beaucoup plus haut. (Crédits : Primo1D)

Et de trois. Créée en 2013 par Emmanuel Arène, la startup grenobloise Primo1D vient de valider la troisième levée de fonds de son histoire. Après deux tours de table de 3 millions d'euros (2014) puis 6 millions (2018), c'est désormais 15 millions que fait entrer dans ses caisses cette spin-off du CEA Leti. Une somme rondelette, collectée auprès de deux nouveaux investisseurs - le fond SPI (Bpifrance) et Innovacom,- soutenus par les investisseurs historiques (UI Investissement, Kreaxi et BNP Paribas Développement), qui lui permettra de passer à l'échelle industrielle.

La startup, qui se revendique comme le leader mondial du fil électronique intelligent, a mis au point une technique de miniaturisation (E-Thread) de la technologie d'identification radiofréquence RFID. Une miniaturisation extrême qui lui permet ainsi d'embarquer le RFID dans des fils, et non pas dans des puces comme la plupart des intervenants du secteur.

Avec en ligne de mire de nouvelles applications du RFID rendues possibles par cette innovation mondiale, protégée par une vingtaine de brevets : le textile par exemple, les pneumatiques, ou encore les câbles électriques.

"Le fil permet d'intégrer le tag RFID de manière invisible dans le produit dès sa conception", affirme Emmanuel Arène. "Cela offre ainsi aux produits une solution unique d'identification, d'authentification et de traçabilité tout au long de leur cycle de vie : de la production, au magasin en passant par la chaine logistique".

Une manière d'amener aussi de nouvelles possibilités au champ de l'économie circulaire pour les retours clients par exemple, mais aussi au marché de la seconde main, du recyclage, ou encore de la location...

"La microélectronique mène bien à des enjeux sociétaux... ", sourit le fondateur de l'entreprise.

Car l'identification des produits permet non seulement de répondre aux nouvelles habitudes de consommation, de plus en plus axées vers des services d'usage, mais aussi de soutenir la digitalisation de l'industrie (maintenance prédictive, inventaire en temps réel).

100 millions de composants en 2024

Grâce à sa précédente levée de fonds, Primo1D avait déjà passé les phases d'industrialisation et de pilote aux côtés de grands clients industriels, dont les noms demeurent pour l'heure confidentiels.

En début d'année, elle a déjà investi 3 millions d'euros pour quitter les locaux du CEA Grenoble, où elle était jusqu'ici installée, et mettre sur pied sa première ligne d'assemblage. Elle peut aujourd'hui produire un million de composants par an et enregistre un million d'euros de chiffre d'affaires, pour 20 salariés.

"Nous sommes actuellement impactés par la pénurie de semi-conducteurs mais nous réussissons néanmoins à produire de manière correcte, grâce à notre portefeuille clients constitués de grands noms de l'industrie", glisse Emmanuel Arène.

Ce nouveau tour de table doit lui permettre de gravir la marche supérieure, avec comme ambition de produire 100 millions de composants en 2024, avec une centaine de salariés pour un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros.

5 millions d'euros à court terme

Un premier investissement de l'ordre de 5 millions d'euros va ainsi être opéré à court terme (soutenu à hauteur de deux millions d'euros par la plan France Relance) pour booster ses capacités de production. Dans un deuxième temps, dès 2023, "un investissement beaucoup plus significatif sera engagé", annonce déjà Emmanuel Arène. Le seuil de rentabilité devrait être atteint cette même année.

Il faut dire que le marché des objets connectés est gigantesque. Déjà, plus de 20 milliards de composants RFID-UHF sont consommés chaque année.

Selon le dernier rapport de la plateforme de recherche The Insight Partners, un taux de croissance annuel de l'ordre de 14% est attendu jusqu'à 2027. Le marché mondial devrait atteindre en 2027 un montant de 5.588,33 millions de dollars en 2027.

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Commentaire 1
à écrit le 15/11/2021 à 19:33
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Arrêtez de parler "d'intelligence" sur des choses que vous ne comprenez pas! C'est une note d'intelligence!

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