Auvergne : Victoire et Distance, ces deux marques "haute couture" de la bicyclette française

Série d'été [Vélo, la filière made in AURA qui grimpe #3] En une petite dizaine d'années, des passionnés de vélos ont réussi à créer une marque reconnue et fabriquée en Auvergne, tout en transformant le regard sur la petite reine et sa pratique. En relocalisant, leur projet se veut en effet comme "une solution moderne à la surproduction et à la délocalisation" dans l'industrie du cycle, avec une attention toute particulière portée à la durabilité des matériaux utilisés.

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Notre projet veut être une solution moderne à la surproduction et à la délocalisation dans l'industrie du cycle, estime Pierre Stachowicz.
"Notre projet veut être une solution moderne à la surproduction et à la délocalisation dans l'industrie du cycle", estime Pierre Stachowicz. (Crédits : DR)

Victoire fabrique des vélos sur mesure à Beaumont, dans la métropole Clermontoise, en Auvergne. A l'origine, il s'agit d'une petite entreprise spécialisée dans la fabrication de cadres de cycles sur-mesure en acier ou en inox, installée dans le coeur historique de Clermont-Ferrand.

Assez rapidement à l'étroit, elle s'est installée à Beaumont, dans des locaux plus adaptés à son développement, avec une équipe de neufs artisans. Depuis le début, en 2011, des vélos entièrement personnalisés sortent de ses ateliers, pour tous types de pratiques.

Avec, comme prolongement de l'aventure Victoire, la marque Distance, qui a vu le jour voilà maintenant deux ans, avec l'objectif de produire des vélos avec des tailles standardisées.

La durabilité comme marque de fabrique

Avec comme ADN du projet de ses fondateurs, celui de proposer des vélos intemporels, libérés de la mode et de l'obsolescence. A la commande d'un vélo Victoire, tout est discuté et mesuré avec le client par l'équipe : de la morphologie du client au domaine d'utilisation, en passant par le cahier des charges et les envies d'ordre esthétique.

"La durabilité est un des fondements de Victoire, c'est pourquoi nous garantissons tous nos cadres à vie pour le premier utilisateur", explique Pierre Stachowicz, responsable de la communication pour Victoire Cycles.

Sans sacrifier en qualité de matériau et de fabrication, depuis deux ans, Distance propose le savoir-faire Victoire à travers des modèles standardisés aux passionnés du vélo, grâce à six modèles.

Chaque mois entre deux et quatre vélos Victoire et quatre à huit vélos Distance sortent ainsi des ateliers. Pour un vélo Distance, le client déboursera près de 3.500 euros. Le prix d'un vélo Victoire est quant à lui déterminé par les attentes de son futur propriétaire.

Malgré un positionnement relativement haut de gamme, le chiffre d'affaires annuel de la société  MVMT,  qui englobe Victoire et Distance s'est affiché en hausse de 25% en 2020, par rapport à l'année précédente. Et en 2021, il enregistre même une hausse de +50% par rapport à 2020.

"La croissance s'appuie sur la crise sanitaire et sur une tendance de fond. La crise Covid a accéléré une prise de conscience. Les gens ont envie de consommer durable des objets produits à côté de chez eux", analyse Pierre Stachowicz.

Des fournisseurs locaux

Sans compter que l'entreprise n'a pas subi de rupture d'approvisionnement puisqu'elle ne se fournit pas en Asie, mais au plus proche. "L'acier et l'inox comme matériaux ne sont nullement des choix par défauts. Basés sur de solides connaissances technologiques, nous élaborons nos cadres, fourches, potences et porte-bagages avec les meilleurs alliages disponibles sur le marché en utilisant des techniques mêlant savoir-faire traditionnel et outils et techniques modernes", explique Pierre Stachowicz.

Les vélos sont ainsi réalisés à la main dans l'atelier auvergnat et les composants sélectionnés pour l'assemblage proviennent principalement de marques européennes.

Les tubes viennent d'Italie, certaines pièces également, les sacoches sont faites à la main en Savoie, les selles sont fabriquées en France, les pneus viennent de France aussi.

"Notre projet veut être une solution moderne à la surproduction et à la délocalisation dans l'industrie du cycle. La conception, la fabrication, la peinture et le montage étant regroupés dans un même lieu, nos vélos ont un très faible impact écologique, d'ailleurs nous utilisons exclusivement de l'énergie renouvelable, issue de la seule coopérative française produisant de l'électricité 100% verte, Enercoop", précise Pierre Stachowicz.

Promouvoir l'artisanat (et la formation)

"Nous sommes aussi très engagés dans la réflexion autour de la création d'une formation ou d'un parcours de formation d'artisan cadreur", revendique Pierre Stachowicz.

En effet, la hausse de la demande de vélos produits localement booste le secteur et crée une tension sur ses métiers. "C'est même l'un des enjeux à venir." Toute l'équipe est par conséquent très engagée dans la promotion et le soutien à l'artisanat du cycle français. Au point que le départ du Love Tour s'est déroulé à l'atelier Victoire le 3 juillet.

Pendant trois semaines, jusqu'au 24 juillet 2021, des amoureux du vélo auront sillonné la France à la découverte des artisans du cycle volontaires, qui se chargent de faire découvrir leur atelier et d'échanger autour de leur savoir-faire. Pensé en dix-neuf étapes, les cyclistes auront ainsi rencontré près de 24 artisans du vélo à travers toute la France, parcourant ainsi près de 2.700 kilomètres.

Dans le même esprit de défendre une consommation responsable, "nous organisons le 10 septembre une braderie Victoire. A cette occasion, les passionnés peuvent retrouver des vélos, des pièces et des accessoires neufs et d'occasion à prix cassés", annonce Pierre Stachowicz. De quoi tenter de contenter toutes les bourses.

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