Tour à énergie positive à Saint-Etienne : la première étape d'un plan à 2 milliards d'ici 2030

IMMOBILIER DURABLE. Une tour à énergie positive sortira de terre dès 2023 à Saint-Etienne. Elle pourrait faire de la commune stéphanoise un nouveau symbole du bâtiment durable, et signe pour son constructeur Elithis, associé à un investisseur suédois, la première étape d'un plus large visant à livrer jusqu'à 100 tours résidentielles "à énergie positive" en Europe d'ici 2030.

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En plus de la tour Tese, qui s'élèvera à Saint-Etienne d'ici 2023, le groupe dijonnais Elithis a déjà des projets de tours à énergie positive bien avancés à Dijon bien sûr, mais aussi à Bordeaux, Nancy ou encore Clermont-Ferrand. Avec un appel du pied désormais à son voisin lyonnais. (Crédit visuel : PPX)
En plus de la tour Tese, qui s'élèvera à Saint-Etienne d'ici 2023, le groupe dijonnais Elithis a déjà des projets de tours à énergie positive bien avancés à Dijon bien sûr, mais aussi à Bordeaux, Nancy ou encore Clermont-Ferrand. Avec un appel du pied désormais à son voisin lyonnais. (Crédit visuel : PPX) (Crédits : DR)

C'est à Saint-Etienne que va émerger en 2023 le premier des 100 immeubles résidentiels vendus par l'entreprise dijonnaise Elithis, à l'investisseur suédois Catella Residential. Un deal qui pèse 15 millions pour cette première étape stéphanoise, mais qui marque également un premier jalon avec des ambitions beaucoup plus larges, en France et en Europe.

Car les deux sociétés se sont alliées avec l'objectif de partir à la conquête des grands centres urbains de l'Hexagone, annonçant leur volonté de construire jusqu'à 100 tours résidentielles à "énergie positive" en Europe d'ici 2030, dans le cadre d'un programme d'investissement de 2 milliards d'euros supporté par Catella Residential, un fonds qui investit dans l'immobilier résidentiel.

La spécificité de ces nouveaux immeubles ? Ce seront tous des bâtiments à "énergie positive", c'est-à-dire qu'ils produiront plus d'énergie qu'ils n'en consomment, grâce à une conception spécifique et à la mise en place d'outils, à destination des occupants des logements, leur permettant de mieux gérer leur consommation énergétique.

Avec un objectif : qu'ils deviennent un outil permettant aux futurs logements qui seront livrés sous ce mode d'aller bien au-delà des objectifs fixés par l'Union européenne pour 2050 en matière de bâtiment durable.

Une tour stéphanoise de 58 mètres

Le galop d'essai de ce partenariat se tiendra donc à Saint-Etienne, juste en face de la gare Chateaucreux, avec une tour de 58 mètres de haut, la tour TESE. Pourquoi Saint-Etienne ?

"Nous aimons les symboles. Saint-Etienne se dote aujourd'hui d'un bâtiment ultra-innovant qui lui permet d'attirer un investisseur international de premier plan. Nous avons présenté nos ambitions au maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, l'accueil a été très positif", résume Thierry Bièvre, président et fondateur d'Elithis.

Créé en 2003 autour des métiers du conseil en flux et économie d'énergie, le constructeur, un groupe d'ingénierie et d'immobilier dijonais qui emploie aujourd'hui 125 salariés (chiffre d'affaires : 20 millions d'euros), a déjà livré plusieurs réalisations durables. Dont une tour à énergie positive de 63 logements à Strasbourg qui produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme depuis 2017, ou encore de son propre siège social de Dijon construit en 2009 et qualifié "d'hyper performant" sur le plan énergétique, grâce à son bouclier thermique qui réduit les rayonnements solaires.

Du côté de la municipalité de Saint-Etienne, l'exemple a convaincu : "Nous avions lancé un appel d'offres avec l'EPASE, nous souhaitions verrouiller cette entrée de quartier appelé à devenir emblématique de notre ville. Nous souhaitions une proposition de valeur innovante et ambitieuse. Le projet d'Elithis nous a séduits", se souvient pour sa part Jean-Pierre Berger, adjoint à l'urbanisme de la Ville de Saint-Etienne, et président de l'agence d'urbanisme locale Epures.

Valoriser le "virage" de Saint-Etienne

"Ce sera une belle valorisation du quartier, et de la ville en général", poursuit l'élu, soulignant au passage que Saint-Etienne a beaucoup évolué ces dernières années, avec notamment un milliard d'euros d'investissements immobiliers privés depuis le début du premier mandat du maire LR, Gaël Perdriau.

"Aujourd'hui, tous nos appels d'offres insèrent des clauses autour du développement durable : bâtiments passifs, terrasses végétalisées, panneaux photovoltaïques. En la matière, cette tour Elithis sera exemplaire", ajoute la municipalité LR.

Au programme de cet immeuble de 16 étages accueillant 56 logements et dessiné par le cabinet d'arhitecture lyonnais Petitdidierprioux, se trouveront notamment 495m² de bureaux et 248 m² de locaux commerciaux, promis comme sans impact négatif sur leur environnement immédiat.

Le tout, grâce à plusieurs éléments mis bout à bout : un design bioclimatique optimisant les radiations solaires naturelles, des logements à double orientation, une isolation par l'extérieur bien étudiée, des brises soleils orientables, mais aussi une coiffe rétroéclairée, ou encore l'utilisation du réseau local de chaleur biomasse et de 1.000m² de panneaux solaires. Les matériaux auront d'ailleurs été choisis pour leur durabilité, et assument une forme de "frugalité" de l'utilisation des sols.

Cette nouvelle tour de 53 mètres intégrera aussi, pour le pilotage de sa gestion intelligente, l'application de maitrise des consommations Aladhun, développée notamment avec le laboratoire grenoblois G-Scop. Celle-ci jouera un rôle de coach en accompagnant les occupants dans leur utilisation quotidienne de l'énergie.

Mais l'un des paris les plus ambitieux de cette nouvelle construction est aussi placé sur le terrain économique, puisque ce nouveau programme sera affiché pour un coût de construction jugé standard (avec une enveloppe de 15 millions d'euros ndlr) assortie, dans la foulée, d'une mise en location à des tarifs qui se veulent "accessibles".

Il fera aussi appel à une conception locale puisque le gros œuvre sera assuré par une entreprise ligérienne Chazelle. Elithis a d'ores et déjà mené un travail important avec un autre ligérien, Pyramid, pour mettre en œuvre les solutions d'implantation particulières en raison de la présence d'anciennes galeries minières dans le secteur.

Capitaliser sur les exemples de Dijon et Strasbourg

La Tour TESE devrait obtenir des performances équivalentes à celles de la Tour Danube, un ensemble de logements érigé par Elithis à Strasbourg en 2018.

"Le gain annuel de pouvoir d'achat des résidents de cette tour est de 1.400 euros en moyenne. La majorité des habitants ont une facture énergétique de zéro euro et certains d'entre eux ont même des recettes avec des factures de -36 euros, grâce à la vente de leur surplus d'énergie renouvelable", reprend Thierry Bièvre.

Le promoteur cite à l'appui d'autres chiffres visant à conforter le caractère précurseur de son projet Strasbourgois : "Nous avons désormais atteint la neutralité carbone, avec des émissions de CO2 réduites à 3,5 kg/m²/an, soit une division par 18 par rapport à celles émises dans un logement du parc existant, selon les moyennes de l'Ademe". Et de préciser :

"En 2018, cette tour de logements était une première mondiale, et elle l'est encore aujourd'hui, car il n'existe pas d'équivalent".

Une première mondiale sur laquelle Elithis s'était appuyée pour assurer l'envol de son modèle.

D'autres projets en France et en Europe

Porté désormais par plan signé avec Catella d'ici 2030, Elithis -qui est passé de 30 à 150 salariés depuis la réalisation de sa première tour à Dijon- devrait encore multiplier par deux ou trois le nombre de ses salariés à moyen terme. Avec une ambition : capitaliser sur ces nouvelles générations d'immeubles, appelés à devenir des vitrines de son savoir-faire.

"A Saint-Etienne, par exemple, nous installerons une équipe qui pourra proposer ses services en matière de conseil et d'ingéniérie. La volonté est de faire de même partout où nous construirons ces immeubles à énergie positives", poursuit Thierry Bièvre.

D'ailleurs, les projets affluent pour le constructeur : une autre tour résidentielle devrait être dévoilée dans les prochains jours à Dijon. A Bordeaux, un projet est également en cours tandis qu'à Nancy, Elithis lance tout juste un projet de trois tours, assorties d'un centre commercial et de logements sociaux. A Clermont-Ferrand, un permis de construire va être déposé prochainement pour deux tours côte à côte, avenue Michelin.

Avec Catella, un autre dossier sur un projet de 500 logements est en cours de finalisation en Angleterre.

Et Thierry Bièvre le signale, comme un appel du pied au maire de Lyon :
" Nous n'avons pas encore pu avancer à Lyon, pourtant il existe sur cette métropole des espaces qui pourraient parfaitement correspondre à nos projets durables".

D'autant qu'Elithis dispose déjà d'une équipe d'une dizaine de personnes à Dardilly, dans l'immédiate couronne lyonnaise.

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