Pourquoi le fast-food bio Bënnie parie sur un menu éphémère au CBD

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Un burger, sauce CBD ? A Lyon, le fast-food bio Bënnie fait le pari d'intégrer, à compter d'aujourd'hui, une sauce au pesto comprenant de l'huile d'olive infusée au cannabidiol, l'un des constituants majeurs du cannabis, qui n'a cependant pas d'effets psychotropes.
Un burger, sauce CBD ? A Lyon, le fast-food bio Bënnie fait le pari d'intégrer, à compter d'aujourd'hui, une sauce au pesto comprenant de l'huile d'olive infusée au cannabidiol, l'un des constituants majeurs du cannabis, qui n'a cependant pas d'effets psychotropes. (Crédits : DR)
Fondé en 2016 à Lyon, le restaurant Bënnie voulait remettre l’alimentation durable au menu des fast-food, en proposant des repas bio, en partie végétariens ou utilisant des plantes. Et à compter de ce mercredi, il lance ce qu’il revendique comme « le premier menu de 100% bio au CBD à l’échelle française ». Une manière selon lui de lutter contre la morosité ambiante, mais aussi de renouveler l’attrait des consommateurs pour la restauration en pleine crise sanitaire.

Il ne se revendique pas comme un militant, mais veut aller plus loin que le coup de comm'. Dès ce mercredi, le fast-food lyonnais Bënnie proposera à sa carte un menu 100% bio au CBD. Une abréviation pour le cannabidiol, l'un des constituants majeurs du cannabis, qui ne présente cependant pas d'effets psychotropes. Si l'opération se veut pour l'instant limitée jusqu'à la fin mai, elle pourrait bien être reconduite par la suite.

Car ce que souhaite son fondateur, Camille Candela, c'est à la fois bousculer les idées reçues, mais également offrir une alimentation plus durable et diversifiée aux lyonnais, en se saisissant d'un symbole.

Pour 15,95 euros, le fast-food lyonnais met ce mercredi à sa carte un nouveau menu comprenant un burger, intégrant lui-même une huile d'olive au CBD.

Produite par des Lyonnais au sein d'une ferme permacole (la Villa Toscanna) située en Italie, près de la ville de Florence, cette huile entre ensuite dans la composition d'une sauce au pesto réalisée sur place par les équipes de Bënnie.

« Nous avons travaillé avec cette ferme afin de développer une infusion d'huile d'olive à base de CBD, qui puisse convenir à une recette culinaire, en matière d'équilibre des saveurs », explique Camille Candela.

Pour autant, pas de quoi transformer, pour les consommateurs, le goût de leur sauce habituelle, ni vraiment ressentir une grande différence, à moins de consommer cette huile pure, estime le patron. Ce qu'il recherche est avant tout une notion de « bien-être » à proposer à ses clients, à travers un composant qui n'est pas classifié de la même manière que le THC ni le cannabis.

Un outil pour contrer la morosité ambiante ?

Tolérée en France, cette substance est « légale et autorisée par l'Union Européenne pour ses bienfaits agissant notamment sur le stress, le sommeil, la récupération et la détente musculaire, tout en restant un principe actif non-psychotrope », rappelle le restaurant.

Le fast-food a lui-même travaillé sur son propre dosage, et proposera jusqu'à 30 mg de cette huile par plat, là où des boissons à base de CBD lancées sur le marché atteindraient une concentration de 15 à 20 mg.

S'il concède que sur le terrain des effets provoqués, « tout peut dépendre de la corpulence de chaque personne », « nous sommes partis du principe que nos clients auraient une consommation unique lors d'un repas, et non pas régulière et quotidienne comme dans le cadre d'une boisson », rapporte Camille Candela, qui y voit surtout un enjeu de « détente » pour contrer cette période « morose ».

D'autant plus que cette offre s'inscrirait, selon lui, dans une démarche plus large, tournée vers la durabilité.

« Nous proposions déjà des recettes autour d'herbes sauvages et de baies, et à l'annonce du troisième confinement, nous cherchions quelque chose de différent. J'ai observé en parallèle la montée des boutiques de CBD, et je me suis dit pourquoi ne pas essayer d'intégrer cette plante ? ».

Car malgré son côté « sulfureux », Camille Candela rappelle que les vertus du chanvre seraient à l'origine nombreuses. « Bien que que sa plante soit interdite de culture en France sous certaines de ses formes, le chanvre a un côté écologique intéressant, car il est depuis longtemps utilisée pour l'isolation des maisons, des vêtements... »

Il souligne d'autres atouts amenés par son mode de culture, « qui permet par exemple d'utiliser l'intégralité de la plante allant de la fleur à la tige, tout en consommant également très peu d'eau, ou en ouvrant la voie à la coexistance avec différents types de cultures, dans une optique de permaculture ». Mais également sa valeur nutritive : les graines de chanvre contiendraient en effet des oméga-3, 6 et 9 et seraient particulièrement riches en protéines végétales, « avec un taux de 32% de protéines une fois décortiquées ».

Le fondateur de Bënnie l'assume donc : « Je fais pas du tout le combat pour la légalisation du cannabis, mais je vois avant tout la substance du CBD comme une bonne tisane ».

Une manière de redoper la fréquentation post-Covid ?

Cette nouveauté à la carte s'inscrirait au final, selon lui, dans la droite ligne de sa stratégie mise en place à son ouverture : « Tout en gardant l'offre du fast-food, qui est de proposer un service rapide 7 jours sur 7 et à des prix accessibles, nous avions déjà fait le choix de proposer des produits bio et d'inciter nos clients à manger plus régulièrement autre chose que de la viande, puisque 50% de notre carte est végétarienne ».

Et d'ajouter : « Nous avions déjà supprimé la vente de bouteilles en plastiques il y a deux ans, en proposant une fontaine à eau plate et pétillante gratuite à nos clients, ainsi qu'une fourniture d'électricité verte avec Enercoop, ou encore de tables recyclées... »

Avec, en bout de ligne, un enjeu financier également : « Depuis le Covid, nous avons perdu jusqu'à -60 % de notre activité. Rien que le 3e confinement nous avait fait chuter de -15% en quelques jours ». Car situé sur la Presqu'île de Lyon, Bënnie a vu fondre la fréquentation du centre-ville, habituellement alimenté par le tourisme et les employés de bureau, à mesure que le télétravail s'est installé.

À travers cette nouvelle carte éphémère, ce restaurant, qui emploie aujourd'hui 7 salariés (contre 15 habituellement) espère donc susciter à la fois de la curiosité mais également du trafic, à l'aube de la réouverture des terrasses, désormais prévue en mai.

Pour l'instant, pensé sous forme d'édition limitée sur un mois, la conservation de ce menu spécial à la carte n'a pas encore été tranchée. Une chose est certaine : « Nous avons reçu beaucoup de demandes et de questions à ce sujet, et l'on voit bien l'intérêt que cela peut susciter », glisse le dirigeant.

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Commentaires
a écrit le 29/04/2021 à 14:06 :
Un coup de marketing donc mais en attendant les américains en légalisant le cannabis récréatif en sont à 10 milliards de dollars de CA avec seulement la moitié des états qui s'y sont mit et un potentiel estimé là bas à 70 milliards de dollars autant dire que maintenant qu'ils sont lancés plus rien ne va les arrêter, on est tellement ringard avec notre cbd sans rire... En France étant en plus un des deux pays les plus touristiques du monde nous avons un potentiel de plusieurs milliards d'euros mais qui sera de suite acheté par le lobby américain déjà énorme du genre ne nous laissant plus que les miettes. parce que cela sera légalisé aussi en france et en UE, mais bien trop tard à savoir quand le lobby américain sera suffisamment riche pour acheter nos politiciens trop gourmands. J'ai entendu du 60 dollars le gramme, 60000 dollars le kilo !!! Tandis qu'un kilo de pomme de terre bio c'est moins de 5 euros. On s'enlise au sein de l'UERSS empire prévu pour durer mille ans mais ce serait étonnant.

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