Trustoo : l'oeil de lynx des véhicules d'occasion lève près d'un million d'euros

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Trustoo compte déjà plus de 700 inspecteurs indépendants. En partie grâce à la mise en lumière de la startup lyonnaise dans le magazine Capital sur M6, en février dernier, qui lui a permis de recevoir plus de 3.000 candidatures, contre habituellement une centaine par mois.
Trustoo compte déjà plus de 700 inspecteurs indépendants. En partie grâce à la mise en lumière de la startup lyonnaise dans le magazine Capital sur M6, en février dernier, qui lui a permis de recevoir plus de 3.000 candidatures, contre habituellement une centaine par mois. (Crédits : DR)
INNOVATION. Depuis sa création en 2019, la mission de Trustoo est d'accompagner les particuliers dans l'achat de leur véhicule d'occasion. Après avoir enregistré 200.000 euros de chiffre d'affaires l'an dernier, la jeune pousse a déjà atteint cette cible, rien que sur les deux premiers mois de 2021. Face à une crise sanitaire qui signe une belle résistance du marché de l'occasion, ce challenger et sa solution novatrice viennent de lever 900.000 euros auprès d’investisseurs privés afin d'accélérer (encore).

"Il se vend aujourd'hui 6 millions de voitures d'occasion par an en France. Si nous réussissons à séduire 5% des acheteurs, cela représente 70 millions d'euros de chiffre d'affaires pour Trustoo". Sans parler de la Belgique pour laquelle la startup lyonnaise a ouvert son service en septembre dernier. Ni de l'Allemagne et des États-Unis (15.000 véhicules d'occasion vendus chaque jour), marchés vers lesquels elle lorgne à court terme.

Voilà l'ambitieux horizon que fixe, à trois ans, Alexis Harnist (25 ans) cofondateur avec Maxence Ghintran (24 ans) de la startup Trustoo lancée en février 2019 en région lyonnaise, à Ecully. Pour accélérer son développement, elle vient de lever 900.000 euros auprès de business angels et d'investisseurs privés dont Christophe Sapet, l'ancien fondateur de Navya -qui a désormais quitté l'entreprise-, et le fonds d'investissement HCPV Ventures.

Car si Trustoo affichait 25.000 euros de chiffre d'affaires au compteur en 2019, puis 200.000 euros en 2020, elle a déjà réalisé le même score sur les deux premiers mois de l'année 2021.

La pandémie conforte son marché

"Nous sommes portés par le contexte actuel. Depuis le premier déconfinement, les Français privilégient les véhicules d'occasion. Ils craignent l'avenir et ne souhaitent pas investir trop lourdement dans un véhicule neuf", analyse le jeune entrepreneur.

Alors que les ventes de véhicules neufs se sont ainsi écroulées de 25,5% en 2020, les véhicules d'occasion ont résisté avec une baisse de seulement 3 points par rapport à 2019, année qui avait affiché des records de vente.

« Le marché de l'occasion semble bénéficier des hésitations sur la motorisation à privilégier, au moment de faire un investissement conséquent sur le neuf, ainsi que des difficultés économiques rencontrées ou anticipées pour un nombre croissant de ménages avec la crise du Covid-19 », observait ainsi l'Observatoire Cetelem au sujet de 2020.

Le concept de Trustoo, est simple mais encore fallait-il y penser : la startup propose aux acheteurs de véhicules d'occasion les services d'un inspecteur spécialisé en vue de vérifier l'état du véhicule avant l'achat, grâce à une vérification comprenant 200 points de contrôle. Il en coûte environ 200 euros à l'acheteur.

Un réseau de 750 inspecteurs indépendants

L'idée est née de l'expérience de Maxence Ginthran, confronté il y a quelques années à l'expérience "aléatoire" que vivent de nombreux acquéreurs profanes, en matière de mécanique automobile. Il avait alors fait intervenir son voisin, professionnel de la mécanique, pour l'épauler dans cette aventure. L'idée lui a trotté dans la tête et s'est concrétisée quelque temps plus tard, sur les bancs de l'emLyon, à l'occasion de sa rencontre avec un autre aspirant entrepreneur en recherche de "la" bonne idée, Alexis Harnist.

La jeune pousse, incubée à l'emLyon, s'appuie sur un réseau d'inspecteurs indépendants. "Il s'agit de techniciens automobile par exemple, de salariés de garages, de contrôleurs techniques etc, en recherche de revenus complémentaires". Ils étaient au nombre de 550 environ mi-février dernier, répartis sur toute la France et quelques pays frontaliers. En quelques semaines, le chiffre est passé à 750...

La raison de cette explosion soudaine ? La mise en lumière de la startup lyonnaise dans le magazine Capital sur M6, le 14 février dernier. Depuis, elle a reçu plus de 3.000 candidatures, contre habituellement une centaine par mois.

Un partenariat avec un autre lyonnais, ParuVendu

Et l'accélération ne concerne pas que le nombre d'inspecteurs. Déjà boostée par la crise sanitaire, Trustoo vient de signer un partenariat particulièrement porteur avec ParuVendu.fr, spécialiste lyonnais des petites annonces, en quête de services différenciants par rapport à ses concurrents d'une toute autre envergure comme leboncoin.

Les visiteurs de Paruvendu.fr se voient donc désormais proposer, pour chaque annonce auto, un accompagnement par Trustoo.

Les résultats ne se sont pas fait attendre : "le partenariat a été lancé début février dernier. Depuis, nous avons enregistré 80.000 visiteurs uniques sur notre site issus de Paruvendu.fr. Avec à la clé, 100 inspections par semaine".

Le deal repose sur le principe de l'apporteur d'affaires, Trustoo reversant ainsi une commission à Paruvendu.fr pour chaque transaction réalisée.

Au-delà des chiffres et des inspections signées dans le cadre de ce partenariat, Trustoo pose ainsi les jalons de son développement futur. "Aujourd'hui, nous n'avons pas vraiment de concurrent. Nous n'avons pas à lutter contre d'autres acteurs mais plutôt pour faire reconnaitre notre utilité. Nous avons inventé un nouveau service, un nouvel usage. Il s'agit d'évangéliser le marché", constate Alexis Harnist. La startup a déjà convaincu 1.500 clients.

Trustoo emploie actuellement 8 salariés mais prévoit de doubler son équipe d'ici à la fin de l'année et de déployer une offre de services pour les professionnels.

« Si notre plan de développement se poursuit comme prévu, nous comptons réaliser une série A d'ici 18 mois, pour ouvrir les premiers marchés européens limitrophes à la France avec des équipes nationales en Allemagne, Espagne et Italie », annonce Maxence Ghintran.

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