Saint-Etienne, démonstrateur du nouveau test salivaire de la startup BioSpeedia

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BioSpeedia et Delpharm seront capables dans quelques semaines de produire trois millions de tests par mois, et comptent capitaliser sur la campagne de tests stéphanoise pour démontrer la fiabilité de ces tests salivaires.
BioSpeedia et Delpharm seront capables dans quelques semaines de produire trois millions de tests par mois, et comptent capitaliser sur la campagne de tests stéphanoise pour démontrer la fiabilité de ces tests salivaires. (Crédits : DR)
La spin-off de l'Institut Pasteur, BioSpeedia, déploie cette semaine sa nouvelle innovation à Saint-Etienne, à l'occasion d'une campagne de dépistage massif du Covid-19 : un protocole associant prélèvement salivaire et léger auto-prélèvement dans les narines, pour une fiabilité annoncée à 90%. BioSpeedia mise sur la réussite de cette démonstration "grandeur nature" pour envisager ensuite un plus large déploiement à l'échelle nationale.

Ce lundi, le top départ de la seconde vague de dépistage massif a été donné à Saint-Etienne. Sur le premier épisode, en décembre dernier, moins de 10.000 personnes s'étaient déplacées, soit un quart seulement des chiffres ambitieux que comptaient atteindre la Ville de Saint-Etienne, la Préfecture et l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Echaudés, les organisateurs n'annoncent pas de jauge chiffrée pour cette nouvelle opération mais espèrent des résultats boostés par une innovation : celle portée par le CHU de Saint-Etienne et la startup stéphanoise Biospeedia, spin-off de l'Institut Pasteur, créée en 2011.

Biospeedia avait déjà fourni les tests antigéniques utilisés lors du dépistage massif du mois de décembre. Cette fois, elle met en place des tests PCR salivaires, via un auto-prélèvement non invasif.

Un auto-prélèvement salivaire moins contraignant

Cette technologie n'est pas encore homologuée par l'Etat, mais le Ministère de la Santé et l'ARS ont donné leur feu vert pour ce dépistage sollicité par le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. Celui-ci devant justement permettre de valider, à grande échelle, sa fiabilité avant un déploiement national et international.

"Les dépistages massifs sont freinés par les appréhensions liées aux prélèvements nasopharyngés désagréables. Les tests salivaires sont une bonne réponse sur la technique, mais ils dégradent les performances. Nos chercheurs ont travaillé avec le CHU de Saint-Etienne, comme ils le font depuis la création de BioSpeedia, et ont développé un nouveau protocole", explique Julien Tizot, CEO de la startup.

Patrick Michaud, adjoint au maire de Saint-Etienne, en charge de la Santé, complète : "Il n'y a pas de 'gratouillis' désagréables dans le nez. Il suffit de faire un prélèvement de salive et de placer soi-même un petit coton-tige à l'entrée de ses narines. Chaque dépistage est supervisé par un personnel soignant formé".

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Avec des résultats délivrés dans un délai de 15 minutes, ces tests offriraient aussi un autre avantage : "tous les échantillons, positifs comme négatifs, partiront également en analyse PCR tandis que chaque test positif sera soumis à une recherche systématique des variants".

L'objectif est clair : prouver la fiabilité de ce nouveau protocole breveté par BioSpeedia, une fiabilité évaluée à 90% en laboratoire.

"L'association de la salive et du prélèvement dans la fosse antérieure des narines permet un haut niveau de performance. Certes, 90%, c'est moins que le test antigénique par prélèvement nasopharyngé que nous avons déjà lancé et qui a une fiabilité de 98%, mais ce nouveau protocole est plus adapté aux dépistages massifs, il permet de lever des freins et de dépister plus de monde", poursuit Julien Tizot.

Ce test est également 10 à 12 fois moins cher que le test PCR par prélèvement naso-pharyngé, une donnée également importante à prendre en compte dans un contexte de dépenses publiques démultipliées par la crise sanitaire.

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Ce protocole innovant est doublé d'une nouvelle analyse PCR également développée par BioSpeedia pour détecter les variants, une technologie décrite par Julien Tizot comme "bien plus fiable que les autres dispositifs disponibles sur le marché".

Vers des auto-tests en pharmacie

Si l'expérimentation est validée, BioSpeedia compte sur un agrément rapide de l'Agence nationale de la Santé puis, notamment, sur un référencement par l'UGAP (Union des Groupements d'Achats Publics), qui a déjà validé il y a quelques semaines son test antigénique. Dans un deuxième temps, la porte pourrait s'ouvrir sur la vente d'auto-tests en pharmacie.

"Aujourd'hui, les auto-tests ne sont pas autorisés en France parce qu'il n'y avait pas de solution fiable", commente le CEO de BioSpeedia. Et d'ajouter : "Si tout se passe bien à Saint-Etienne, si nous pouvons offrir toutes les garanties à l'Etat, les perspectives pour BioSpeedia sont excellentes. Nous pouvons devenir le test majeur dans les prochains mois, avec des perspectives à plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires".

BioSpeedia a déjà réalisé un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros, depuis le début de l'année 2021 avec ses 12 salariés. Elle s'appuie sur la PME stéphanoise DTF pour la distribution en pharmacie de ses tests antigéniques et sur le site lyonnais de Delpharm pour la production. Delpharm est spécialisé dans la production de médicament en sous-traitance (17 sites de production, CA : 800 millions d'euros).

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Après une première ligne pouvant produire jusqu'à 1,2 million de tests par mois, les deux partenaires vont d'ailleurs passer à la vitesse supérieure en investissant 6 millions d'euros à Lyon dans une ligne entièrement automatisée, capable de produire 3 millions de tests par mois. L'Etat prendra ainsi en charge 3 millions d'euros dans le cadre du plan France Relance.

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