En AURA, des entreprises s'unissent pour des tissus métallisés plus durables

Cinq entreprises de Lyon et Saint-Etienne, accompagnées par deux laboratoires, planchent actuellement sur le développement d’un nouveau procédé permettant de métalliser durablement les matériaux souples, pour des applications dans le luxe et les textiles techniques. Un projet collaboratif baptisé Miroir et labellisé récemment par les pôles de compétitivité Cimes et Techtera.

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Utilisés pour différentes propriétés, les tissus métallisés sont déjà disponibles sur le marché mais la plupart d'entre eux ne présentent pas une résistance suffisante pour un usage quotidien.
Utilisés pour différentes propriétés, les tissus métallisés sont déjà disponibles sur le marché mais la plupart d'entre eux ne présentent pas une résistance suffisante pour un usage quotidien. (Crédits : DR)

Les tissus métallisés permettent de développer des fonctions diverses : du blindage électromagnétique, de l'électro-conductivité, de l'anti-statisme, de la protection thermique ou antibactérienne... Les applications sont nombreuses dans les domaines du luxe et des textiles techniques, à destination notamment des équipements de protection individuelle. Si ces tissus sont déjà disponibles sur le marché, la plupart ne présentent pas une résistance suffisante à un usage quotidien, leurs qualités étant rapidement altérées par les lavages ou abrasions.

Un projet « territorial »

C'est sur cette épineuse question que se penchent les sept partenaires engagés dans le projet collaboratif baptisé Miroir et labellisé récemment par les pôles de compétitivité Cimes et Techtera. Avec un budget de 3,18 millions d'euros pour 42 mois de R&D, Miroir bénéficie d'un financement de l'Etat et de la Région Auvergne Rhône-Alpes.

Il est piloté par l'entreprise ligérienne HEF-IREIS, spécialiste de la tribologie et du traitement de surface (3000 salariés, CA 2019 : 240 millions d'euros). A ses côtés, six partenaires : les entreprises Science et Surface (69), AJ Biais (42), Europrotect (69) et Julien Faure (42) ainsi que le laboratoire ISA de l'Université Claude Bernard Lyon I et le centre technique industriel de l'IFTH (Institut Français du Textile et de l'Habillement).

"Ce n'est pas un hasard si ce projet est né ici, entre Lyon et Saint-Etienne. Il est bien en ligne avec le savoir-faire des PME de ces deux territoires", souligne Philippe Maurin-Perrier, co-président d'HEF.

L'enjeu est de réussir à développer une technologie de dépôt sous vide, capable de répondre à la problématique de l'usage prolongé de ces textiles. "Ainsi, si le textile technique a un usage faible, - par exemple un pansement bactéricide composé de microparticules d'argent-, il n'y a pas de problème, les technologies actuelles sont suffisantes. En revanche, si le textile a une vocation à plus longue durée, un EPI réutilisable par exemple, nous devons là faire avancer significativement les procédés".

Diversifications

Si le projet aboutit à un prototype puis à une industrialisation, cette technologie devrait rester un marché de niche pour HEF, un marché de diversification dédié au haut-de-gamme qui n'égalera probablement jamais les marchés de prédilection d'HEF (automobile notamment).

Pour les PME du textile travaillant aux côtés d'HEF sur ce dossier, l'enjeu business est sensiblement différent. Bousculées par la concurrence mondiale, y compris sur les domaines à forte valeur ajoutée que sont les textiles techniques et le luxe, elles doivent prendre de l'avance et maintenir leur différenciation.

Pour la PME stéphanoise AJ Biais (120 salariés ; CA 2019 : 9 millions d'euros), un des leaders européens du biais, les retombées attendues sont estimées à un million d'euros de chiffre d'affaires annuel supplémentaire. "Nous pourrons renforcer notre positionnement sur les marchés de la mode en proposant des tissus avec un vrai aspect métallisé, et du textile technique", explique Raphaël Laval. Le dirigeant d'AJ Biais voit par ailleurs dans Miroir un autre avantage : "C'est la première fois que nous travaillons sur un projet collaboratif. Je pense que cette expérience sera très formatrice et nous permettra de passer un cap".

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