Alstom : Le cerveau des trains du futur se façonne à Villeurbanne

Trois sites en France sont consacrés à l'activité signalisation d'Alstom. À Villeurbanne, près de Lyon, les ingénieurs planchent sur les trains de demain. Reportage.

3 mn

(Crédits : Alstom/G. Aymard)

Dans le groupe Alstom, un projet requiert plusieurs compétences. Les voitures transportant les voyageurs peuvent être conceptualisées à La Rochelle, quand les motrices sont conçues à Belfort et les blocs électriques et les équipements de traction à Tarbes.

Le site Alstom de Villeurbanne intervient, lui, comme Saint-Ouen et Aix-en Provence, dans les projets incluant les systèmes électroniques. Son point fort : les outils qui pilotent les organes du train, "le cerveau" qui commande l'ouverture des portes ou assure la sécurité. Le site aux 800 collaborateurs, implanté dans la métropole lyonnaise depuis quarante ans, a également développé un savoir-faire autour de l'information des passagers, du pilotage automatique et de la maintenance.

Ainsi, Alstom Villeurbanne est à l'origine du modèle d'information aux voyageurs en temps réel qui équipe les nouveaux TGV de la liaison Paris-Bordeaux ou de l'automatisation, entre autres, de la ligne 1 du métro parisien, des lignes B et D du réseau de transport en commun lyonnais - et demain, celles du métro marseillais si l'industriel remporte l'appel d'offres en cours.

"Nous déployons actuellement 120 projets, dont 60 % à l'international", se félicite Christian Roth, le directeur du site.

Des bureaux transformés en îlots de créativité

Si la majeure partie de l'activité est consacrée à la mise en œuvre de ces projets, qui comprend la fabrication sur place de près de 24 000 cartes électroniques pour 10 000 produits finis par an, 250 ingénieurs et 120 experts "travaillent pour le marché de demain, dans la continuité des produits fabriqués ou en totale rupture avec l'existant", poursuit le directeur.

À l'étage des innovations, les laboratoires de test longent les bureaux des ingénieurs. Au cœur de l'espace, des îlots de créativité où les écrans ont laissé la place aux traditionnels post-it.

"C'est un point de rencontre et de travail. On s'est rendu compte que revenir de temps en temps à des éléments concrets était très efficace", détaille Christian Roth.

D'autant que la proximité de l'atelier de production permet de réaliser des prototypes, ou de les modifier très rapidement. "Un autre avantage", estime-t-il. Pour sortir des idées nouvelles, une salle de créativité est à la disposition de tous, "y compris du comité de direction. La disposition originale de la salle, sans table, permet réellement de sortir des sentiers battus", argumente le directeur.

En complément, le site multiplie les interactions avec le reste du  groupe, les plus jeunes (20 apprentis et 30 stagiaires par an en moyenne), les profils divers (femmes, publics plus défavorisées) et s'implique dans La Fabrique de l'innovation, un dispositif porté par l'Université de Lyon qui permet aux entreprises, aux chercheurs et aux étudiants de s'immerger dans un écosystème favorisant la créativité.

Dans les cartons du centre : une nouvelle génération de produits de traction, un système de contrôle "en totale rupture avec l'ancien, permettant de réduire le nombre d'équipements et donc la maintenance", un procédé qui ajuste automatiquement la hauteur du train en fonction de celle du quai de gare ou de la station, et de la maintenance prédictive.

Vers le train autonome

Autre programme majeur du site : le train autonome.

"On sait automatiser un métro, c'est assez facile, car l'espace est clos et délimité. Tout l'enjeu des années à venir sera de transposer ce savoir-faire à l'extérieur", explique Thomas Bruel, directeur du programme pour les trains autonomes.

Pour y parvenir, l'industriel travaille étape par étape : d'un côté, il se concentre sur son logiciel d'assistance à la conduite pour les opérateurs de tramway, "une façon d'accumuler les expertises et les retours", selon l'ingénieur. De l'autre, il expérimente le déplacement d'une locomotive à distance, un modèle connecté qui vient d'arriver sur le site Alstom de Belfort. Les équipes de Villeurbanne devraient prochainement en prendre le contrôle et poursuivre leurs tests.

Ce projet de R&D collaboratif autour du train pour fret autonome pourrait rapidement trouver preneur. La SNCF et la Deutsche Bahn auraient prêté une oreille attentive aux innovations villeurbannaises.

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Commentaires 2
à écrit le 24/09/2019 à 8:41
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On devrait prendre le cerveau du blase, peut-etre que les trains arriveraient a l'heure ?

à écrit le 23/09/2019 à 14:00
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"Alstom : Le cerveau des trains du futur se façonne à Villeurbanne" Et le reste du corps ?

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