Waga Energy transforme la pollution en énergie

Le salon Pollutec met en avant de multiples innovations dans le domaine de l'environnement et de l'énergie. Parmi celles-ci, la Wagabox proposée par la startup grenobloise Waga Energy : une technologie qui permet d’injecter du biogaz, issu des installations de stockage de déchets non dangereux, dans les réseaux de distribution de gaz naturel.

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Mathieu Lefevbre et Guénaël Prince.
Mathieu Lefevbre et Guénaël Prince. (Crédits : Nathaly Mermet/ADE)

Un constat de départ : des millions de mètres cubes de biogaz provenant des déchets enfouis sont brûlés chaque jour dans le monde, avec un rendement ne dépassant pas 30 %, et contribuant notamment à l'effet de serre et au réchauffement climatique. Une réalité contre laquelle souhaitent lutter les 4 jeunes ingénieurs co-fondateurs de Waga Energy (tous autour de 35 ans) dont 3 anciens du groupe Air Liquide. Leur objectif : agir pour la planète en luttant contre l'énergie gaspillée.

"L'équivalent de 20 milliards d'euros en gaz sont perdus chaque année sur les installations de stockage des déchets globalement sur la planète", déplore Mathieu Lefebvre, co-fondateur et président de la startup créée en 2015.

Une technologie de rupture

La technologie de rupture développée par Waga Energy propose aujourd'hui une valorisation à 90 %. Il s'agit d'une première mondiale car il est extrêmement complexe de séparer le méthane de l'air ...et les 4 jeunes co-créateurs y sont arrivés, avec le concours de seniors, 3 conseillers stratégiques, jeunes retraités de l'industrie mais se plaisant à transférer leurs compétences.

"Waga Energy mobilise toute l'expertise française dans l'ingénierie des gaz, notamment autour de la technologie complexe de distillation cryogénique qui permet de séparer l'air et le méthane, afin de proposer aux opérateurs d'installations de stockage une solution d'épuration de leur biogaz", affirme M. Lefevbre.

La Wagabox permet de produire un biométhane pur à plus de 98 %, directement injectable dans le réseau de gaz naturel local.

Un modèle économique intéressant

Waga Energy achète le biogaz auprès des installations et revend du biométhane aux énergéticiens au prix du gaz fossile. Un cercle vertueux se met alors en place : les opérateurs récupèrent un revenu sur la pollution, le climat s'en porte mieux car la quantité de méthane dans l'atmosphère diminue, le gaz fossile se trouve substitué par du gaz renouvelable ...et Waga a dès lors de quoi investir pour exploiter ses usines.

Ainsi Waga Energy conçoit, investit et exploite les Wagabox, menant à valorisation performante d'une ressource renouvelable.

S'ajoute à cela la création d'emplois qui suit mathématiquement le rythme de développement de la société.

"Pour chaque machine installée Waga passe pour 2 millions d'euros de commande dans le bassin grenoblois", souligne M.Lefevbre.

Déjà 30 à 50 emplois ont été générés par les deux machines commandées. "Nous sommes aujourd'hui 9 personnes chez Waga, et pour chacune ce sont 3 à 5 emplois qui sont générés dans le bassin grenoblois" déclare-t-il.

Lauréate du Programme d'investissement d'avenir de l'Adème et du concours ILAB du ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche en juillet 2015, Waga Energy a opéré une levée de fonds de 1,8 million d'euros en juin 2015 et a été élue startup de l'année 2016 en Auvergne Rhône-Alpes.

Bénéficiant du fonds régional Rhône-Alpes Oser qui investit dans les énergies renouvelables et du fond d'amorçage Star Quest Capital, la société prévoit d'investir 300 millions d'euros d'ici 2025 et compte comme actionnaire minoritaire Air Liquide (une prise de participation qui est une première du genre pour ce dernier).

Un agenda ambitieux

L'objectif annoncé d'atteindre 100 Wagabox en 2025 montre que les 4 associés n'ont pas froid aux yeux. Un jalon essentiel est tout proche avec la première injection de biométhane dans le réseau de gaz naturel prévue en janvier 2017 à St Florentin dans le département de l'Yonne.

Nul n'est prophète en son pays : le premier contrat de la grenobloise Waga Energy a en effet été signé en décembre 2015 avec Coved - Collectes Valorisation Energie Déchets-, filiale propreté du groupe Saur qui traite 70 000 tonnes annuelles de déchets en provenance de 200 000 habitants du département.

Suez a également annoncé fin novembre, à l'ouverture de Pollutec, vouloir renforcer ses positions dans la valorisation du biogaz par la mise en place d'une solution innovante développée avec la startup Waga Energy. Il s'agira de 3 installations, l'une des machines étant déjà en phase de construction depuis novembre après la signature d'un contrat en mai. L'entreprise envisage un développement international à partir de 2018.

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