Les stations de ski ne rouvriront pas, le spectre d'une saison blanche

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Si la décision officielle doit encore être annoncée ce soir au cours d'une intervention de Jean Castex, les acteurs de la montagne savent déjà qu'ils ne réouvriront pas leurs portes ce jeudi 7 janvier comme espéré.
Si la décision officielle doit encore être annoncée ce soir au cours d'une intervention de Jean Castex, les acteurs de la montagne savent déjà qu'ils ne réouvriront pas leurs portes ce jeudi 7 janvier comme espéré. (Crédits : Licence CC0 Domaine public)
Ils attendaient cette nouvelle date avec impatience. Une fois de plus, les espoirs des acteurs de la montagne hexagonale ont été déçus : le gouvernement français a finalement fait savoir, à l’issue d’un Conseil de défense qui s’est tenu ce mercredi, que les stations ne rouvriront pas ce jeudi 7 janvier. L’annonce officielle, sera donnée par le premier ministre Jean Castex, dans une conférence de presse prévue ce soir.

Ce n'est pas forcément une surprise, mais c'est une étincelle de plus qui attise, en stations, la colère des exploitants. Après avoir annoncé le report des stations à compter du 7 janvier, le gouvernement français a exclu ce mercredi une réouverture des remontées mécaniques françaises à la date escomptée.

Ce serait cette fois le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne qui aurait informé les acteurs de la montagne, dont le président de DSF, Alexandre Maulin, très actif depuis plusieurs semaines sur le plan des discussions avec le gouvernement. Un nouveau renvoi au prochain Conseil de défense sanitaire du 13 janvier aurait été évoqué, sans plus d'informations à ce stade.

C'est à nouveau Jean Castex qui sera chargé de préciser les contours de cette décision, dans une allocution en conférence de presse prévue ce jeudi à 18 heures.

Une décision jugée "incompréhensible" par la filière

De quoi susciter à nouveau l'incompréhension du côté des acteurs de la montagne, qui s'étaient rassemblés depuis plusieurs semaines pour élaborer et soutenir leurs protocoles sanitaires visant à leur permettre d'ouvrir les remontées mécaniques en janvier.

Ils craignent de plus en plus une saison blanche, alors que leur activité hivernale se déroule habituellement sur quatre mois. Déjà, le premier bilan des fêtes fait état d'une baisse de fréquentation moyenne de -70% durant la période des congés de Noël, pour une perte de chiffre d'affaires estimée à 1,6 milliard d'euros. Sans compter que sur cette saison, la neige était au rendez-vous.

Déjà depuis ce mercredi soir, plusieurs acteurs de la filière se sont insurgés contre une décision qu'ils jugent incompréhensible. A l'image d'Éric Brèche, président des Écoles de ski français : « La méthode est juste insupportable et traduit du mépris pour les montagnards. On est en train de nous préparer doucement à une saison blanche ».

« Une fois de plus, sans concertation et au mépris de toute considération pour de nombreux français, le gouvernement a arbitrairement décidé de reporter sa décision d'ouverture des remontées mécaniques au 13 janvier prochain », a commenté pour sa part le président de DSF, Alexandre Maulin, qui pointe du doigt les « désastres économiques et humains qu'a déjà engendré le gouvernement » avec une telle décision.

« Nous nous retrouvons à nouveau sans aucune visibilité sur le futur de nos entreprises et des 140 000 emplois qui dépendent de l'activité de la montagne et du ski », a-t-il ajouté.

Les sénateurs des territoires de montagne s'en mêlent

Alors que de son côté, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, aurait même précisé hier que l'échéance du 7 janvier n'aurait jamais été présentée comme une « date de réouverture » mais bien « comme un point de rendez-vous », cette déclaration a fait bondir plusieurs sénateurs des territoires alpins hier.

« Ça commence quand même à tourner à la vaste plaisanterie. On a voulu sauver Noël, mais si l'hiver est complètement foutu, qu'on nous le dise tout de suite ! », a rapporté le sénateur centriste de Haute-Savoie, Loïc Hervé.

D'autant plus que plusieurs voix estimaient que la période de janvier, qui ne comporte pas de vacances scolaires ni de flux de touristes aussi important que durant les fêtes de fin d'année, permettrait d'établir un bon « test » pour gérer les flux liés à cette réouverture.

« Regardez en Suisse où les remontées mécaniques sont restées ouvertes à Noël, il n'y a eu aucun cluster et aucune explosion du nombre de cas. Je le répète, ce n'est pas sur un tire-fesses qu'on attrape le Covid-19 », a rappelé Loïc Hervé.

« Avec ce gouvernement, on a toujours l'impression d'être pris pour des enfants », a réagi le sénateur isérois Guillaume Gontard, estimant qu'une réouverture « ne présente aucun risque si les précautions sanitaires sont garanties ».

Même le sénateur LREM Didier Rambaud estime qu'il est « urgent » qu'une date soit arrêtée. « Je plaide pour une réouverture le plus rapidement possible car janvier est le mois parfait pour expérimenter le bon fonctionnement des stations de ski en vue de préparer la saison de février ». Il a confirmé avoir adressé hier un courrier au secrétaire d'Etat chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne à ce sujet.

Pas certain cependant que l'ensemble de ces prises de position ne fasse fléchir le gouvernement, préoccupé par la menace du variant anglais du virus déjà repéré sur le territoire, et par un décompte qui comptabilise toujours près de 20.000 nouveaux cas de Covid-19 par jour à l'échelle nationale.

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Commentaires
a écrit le 08/01/2021 à 10:43 :
Coup de semonce... Moins en moins de neige dans les stations depuis de nombreuses années
Quel est le bilan carbone d'une saison ?

Il est temps de penser à une reconversion. Plan de 5 à 7 ans...

Ce n'est pas une économie pérenne. La saison d'été avec randonnées oui

Mais faire de la neige, des dameuses...

Passer au ski de fond pejt etre une alternative
a écrit le 08/01/2021 à 5:29 :
La casse est monumentale. Les exploitants de stations, la compagnie des Alpes, les fabricants de dameuses, le gérants hôteliers, ... Ça va faire mal.
Le risque est séparatiste.
Quel est leur intérêts à être dirigé par des gens de Paris? Après tout, ils s’en foutent. Macron n’est rien pour eux. Politiquement, la France n’est rien pour eux. Le courant demandant le rattachement à la Suisse n’en sera que plus fort. Vu qu’en Suisse... C’est ouvert...
En fait, la politique du pire portée par Macron, Castex, LREM va casser les liens avec Paris.
Mais qu’est-ce qu’ils veulent à la fin? Détruire la France?
En plus, ça devient complètement incohérent: on reste dans l’euro avec un endettement à 120% du PIB? Pour quoi faire? Les jeunes de ce pays n’ont pas mérité ça. C’est la fin d’un cycle politique.
a écrit le 07/01/2021 à 15:03 :
quand on verra les degats on parlera plutot de saison noire
a écrit le 07/01/2021 à 9:51 :
C'est un désastre pour tous les acteurs économiques du secteur de la montagne. Remontées mécaniques, loueurs de matériel, propriétaires d'appartements, hôtels, restaurants, commerces divers, services, fournisseurs.
Des dizaines de milliards perdus, des faillites en cascade, un endettement colossal.
Réponse de le 07/01/2021 à 17:00 :
Vous pensez que les hôtels et restaurants hors de ces zones sont dans quel état?
a écrit le 07/01/2021 à 9:37 :
La montagne respire.
Réponse de le 08/01/2021 à 9:13 :
Ça veut dire quoi? Quand les gens qui habitent à la montagne passent la journée à fumer des joins, la montagne respire? C’est quoi ce genre de sortie? Vous semblez ignorer que vous y avez des concitoyens et qu’ils ont le droit de ne pas être mis au chômage ou sur la paille. Vraiment, très étrange comme attitude.
Réponse de le 11/01/2021 à 8:59 :
"ils ont le droit de ne pas être mis au chômage ou sur la paille"

C'est exactement ce que disent les propriétaires d'usines de bombes chimiques ou de mines anti personnelles. Parce qu'ils pensent bien entendu avant tout à leurs salariés hein, ces grands humanistes. :-)

Je te signale hein...

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