A Lyon, la situation sanitaire plaide pour un reconfinement urgent

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(Crédits : DR)
Une seconde vague qui s’annonce déjà plus importante que la première au sein des hôpitaux lyonnais, et même, de manière plus large, en Auvergne Rhône-Alpes. Alors que le discours d’Emmanuel Macron attendu ce soir devrait faire basculer la France vers un nouveau renconfinement, la situation s'avère déjà très tendue dans la région. Symbole de cette urgence, le maire EELV Grégory Doucet a annoncé l'annulation de la traditionnelle Fête des Lumières, qui accueille chaque année début décembre 1,8 millions de visiteurs.

« Nous ne règlerons pas la crise économique en feignant d'ignorer son impact sur les vies humaines et les hôpitaux ». Ce sont, en substance, les propos du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui s'exprimait ce midi à l'issue de la réunion du Conseil des Ministres. Car en l'attente de la prise de parole du président de la République ce soir, on sait désormais que tous les indicateurs convergent vers un reconfinement les Français pour une durée estimée à quatre semaines.

Une mesure déjà appelée de ses vœux la semaine dernière par des médecins d'Auvergne Rhône-Alpes, qui évoquaient déjà l'urgence de la situation au sein de la région. Devenu un épicentre de la reprise de l'épidémie depuis plusieurs semaines, la région Auvergne Rhône-Alpes se trouverait déjà dans une situation très délicate.

Alors que le gouvernement français affiche encore l'ambition de réduire la progression de la pandémie, afin d'éviter à tout prix que la seconde vague ne dépasse la première, le pari semble déjà presque perdu d'avance au sein de la région AuRA.

Un pari déjà presque perdu en AuRA

Selon les derniers chiffres, publiés cette semaine par les Hospices Civils Lyonnais (HCL), on dénombrait ainsi ce mardi déjà 554 malades hospitalisés en raison du Covid-19 au sein des différents établissements des HCL (dont 107 en réanimation).

Soit un seuil trois fois plus élevé que le 18 mars dernier, lors de la première semaine de confinement. Un nombre qui atteint même les 1.321 malades hospitalisés pour la Covid-19, si l'on prend en compte les chiffres englobant à la fois le Rhône, mais également les villes voisines de Vienne (Isère) et de Bourgoin-Jallieu (Nord Isère).

Même tendance au niveau de la région AuRA dans son ensemble, où ce mercredi matin, on dénombrait 3.951 patients Covid-19 hospitalisés, soit près de 1.000 personnes de plus qu'au 13 avril, une journée qui matérialisait pourtant le pic de la première vague, avec près de 3.055 hospitalisations. Et ce nombre continue encore de croître, sans qu'une décrue ne soit espérée par les professionnels de santé au cours des prochains jours.

Car sur le terrain des tests également, les compteurs continuent de s'affoler : en l'espace d'une semaine, le taux d'incidence dans le Rhône a grimpé à 827,8 cas positifs pour 100.000 habitants ce mardi 27 octobre, contre 549,4 cas au 20 octobre dernier. Au sein de la métropole de Lyon, ce taux d'incidence atteint même les 823,3 pour 100.000 habitants.

La semaine dernière déjà, des médecins de la région Auvergne Rhône-Alpes avaient lancé une mise en garde sur l'urgence de la situation, en appelant à un couvre-feu resserré et à un confinement à minima partiel le week-end. Un appel resté sourd jusqu'ici.

Mesures d'urgences en AuRA, fête des Lumières annulée

Pour faire face à cette situation, les HCL ont été contraints d'annoncer la déprogrammation de l'ensemble des activités chirurgicales, y compris en chirurgie ambulatoire, tandis que les visites aux patients interdites.

Une centaine de nouveaux lits de réanimation ont été ouverts, tandis que des transferts des HCL vers des établissements situés à l'extérieur du département ont déjà commencé.

En début de semaine, seize patients jugés suffisamment stables ont déjà été acheminés vers certains hôpitaux de la région -Chambéry (73), Annecy (64), Valence (26), Montélimar (26)- mais aussi en Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux, Brive-la-Gaillarde, Poitiers, Angoulême) ainsi que dans les Pays-de-la-Loire. A travers ces mesures, le taux d'occupation global des lits en réanimations des HCL atteignait ce mardi 89,5 %.

Preuve, s'il en faut encore, que l'épidémie a franchi un cap : alors que le maire EELV de Lyon, Grégory Doucet, se laissait jusqu'à la mi-novembre pour trancher sur l'organisation et le périmètre de la Fête des Lumières, il a annoncé cet midi sur le plateau de nos confrères de France 3 que l'édition 2020 serait tout simplement annulée.

"Pour nous préserver dans le contexte sanitaire, pour que la plus belle fête du monde reste une fête et non une hécatombe", a-t-il justifié.

Mise en place sous sa forme actuelle par la ville de Lyon en 1989, la Fête des lumières, programmée chaque année début décembre, n'avait été annulée qu'une fois dans son histoire en 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo. Elle avait rassemblé 1,8 millions de visiteurs en 2019.

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