Les décisions d'Éric Piolle menacent l'avenir de Grenoble

L'idéologie déployée en matière économique par l'équipe du maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, menace à moyen et long terme, l'expertise de la ville sur le plan de la recherche et des technologies de pointe. Par Jean Peyrelevade, économiste.

3 mn

(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

Le progrès technique fait face à une hostilité extrême manifestée par une coalition d'écologistes, d'anticapitalistes et de libertaires grenoblois. En particulier un laboratoire d'excellence, Clinatec, dédié aux maladies cérébrales et réunissant le CHU, le CEA et l'université, donc des physiciens, médecins et biologistes, fait l'objet d'une fronde, à mes yeux rétrograde et absurde, portée par des opposants au « techno-libéralisme ».

Les contradictions des écologistes

Cette observation désolante mais ponctuelle, conduit à soulever une question plus large, plus politique et beaucoup plus préoccupante : l'idéologie déployée en matière économique par l'équipe du maire, Eric Piolle, fait-elle peser une menace réelle sur l'avenir de l'écosystème grenoblois, réputé pour la qualité de sa recherche dans les nano et bio technologies ? Je suis désolé de dire que la réponse est à mon sens positive. On retrouve au niveau grenoblois les contradictions profondes des Verts français. En dépit de maintes bonnes intentions, leur action est vouée à l'échec.

Commençons par le positif. C'est très bien d'essayer d'associer les citoyens à la réflexion, de multiplier les débats et les réunions. Il est louable de vouloir une ville durable et agréable à vivre. La décision de supprimer les contrats d'affichage publicitaire avec la société Decaux, au nom d'un meilleur aménagement du milieu urbain, est sans grande portée réelle. On comprend la volonté de refaçonner l'image de la ville en végétalisant les espaces publics et en réduisant la taille des projets.

Le syndrome du « small is beautiful »

Attention cependant au syndrome du « small is beautiful », derrière lequel se dissimulent souvent conservatisme et immobilisme. Tant de belles idées se prolongent par la volonté de lutter contre la pollution et pour la qualité de l'air (certes) et de faciliter l'accès de tous aux services publics (bravo !). Ainsi l'idée de gratuité des transports en commun, au moins pour certaines catégories de la population, ou de la mise en place d'une mesure similaire pour les premiers m3 d'eau consommés par chaque foyer, sont-elles difficilement critiquables.

Le problème est que toutes ces choses merveilleuses ont un coût, qu'il deviendra extrêmement difficile de supporter si l'action de la municipalité conduit à un affaiblissement du dynamisme économique de l'agglomération. Eric Piolle n'a pas les moyens de sa politique car il demeure prisonnier d'un schéma où la croissance est condamnable, où il faut suivant ses propres termes consommer moins. Alors que c'est au contraire par l'investissement et l'innovation technologique que l'on trouvera les voies d'une économie plus écologique.

Il ne s'agit plus seulement de discours

Quelques éléments de preuve ? D'abord le discours convenu, tellement commode pour qui préfère ne pas trop réfléchir, sur les insuffisances du concept de PIB, « indicateur qui n'a plus de sens ». Certes, l'action publique est indispensable pour faire émerger un nouveau modèle, avec une meilleure réponse aux besoins fondamentaux de déplacement, de logement, de santé, de sécurité et de rénovation énergétique.

Mais le maire de Grenoble devrait se souvenir que la sphère publique dégage par son action fort peu de recettes spontanées (surtout quand on prétend étendre la gratuité). Sauf à se mettre dans une impasse, développer l'action publique n'est possible que par une croissance parallèle (même si elle est contrôlée dans sa direction) de l'activité privée.

Or, et il ne s'agit plus seulement de discours, les actions et décisions d'Eric Piolle vont affaiblir économiquement la ville de Grenoble. La contribution au plan de développement des nanotechnologies a été réduite de 25 à 10 millions d'euros, les projets d'infrastructures sont arrêtés, de même que nombre de grands chantiers. Sans changement de trajectoire et faute d'une réelle compréhension de la cohérence nécessaire entre activité productive et action écologique, le « laboratoire de la gauche alternative » est condamné à l'appauvrissement. Donc à l'échec.

3 mn

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Commentaires 21
à écrit le 16/09/2015 à 2:34
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Le discours de Mr Peyrelevade est tout a fait crédible. De plus ce n'est pas sous sa présidence que les "affaires" du crédit lyonnais ont été "commises" Au contraire c'est lui qui est arrivé après ces affaires et qui a au essayé de rétablir le cré...

à écrit le 27/07/2015 à 14:41
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Le monde change avec les verts...... Arrêt des projets immobiliers, donc doute du monde de la recherche pour loger ses chercheurs, donc baisse de l'attractivité de Grenoble donc etc. Suppression "dogmatique" ( action de communication) de la pub ...

à écrit le 07/05/2015 à 21:12
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Cessez les oiseaux de malheur prédire ce qui va se passer, laissez les expériences se mener, les Grenoblois-ses ont choisis, en quoi cela dérange l'établisment libéral, on le verra si le dogme économique des années 60 est encore viable aujourd'hui .....

le 29/06/2019 à 18:29
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une des 0.2% des grenobloises enthousiaste je precise. Ne parlez surtout pas au nom des autres monia. Les 4/5eme de la ville veulent que piolle degage. Ceci est un fait. Votre maire de pacotille ne repassera JAMAIS. Merci d'avoir transformé ma ville ...

à écrit le 06/05/2015 à 23:45
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En même temps, c'est pas Peyrelevade qui a coulé le Crédit Lyonnais ? Il s'y connait en gestion !!

à écrit le 06/05/2015 à 23:27
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Grenoble est déjà foutue du fait d'une énorme fiscalité mortifère et injuste et d'une politique sociale qui fait tout reposer sur les mêmes.. . C'est la ville que beaucoup de Grenoblois cherchent à fuir pour la périphérie, beaucoup plus douce, tant ...

à écrit le 06/05/2015 à 12:18
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D'un côté, le laboratoire gauchiste écolo bobo, incubateur de misère, de camps de travaux forcés et de barbelés. De l'autre, des gens qui travaillent sans idéologie ni baratin et où même l'herbe continue à être verte. Mais malheureusement, ils on...

à écrit le 06/05/2015 à 10:57
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Bonjour , L'article me semble bien vide. Si je ne me trompes pas la seule information est ici : "La contribution au plan de développement des nanotechnologies a été réduite de 25 à 10 millions d'euros " .

le 06/05/2015 à 15:48
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Une réduction de 15 millions, c'est quand même pas rien...

à écrit le 06/05/2015 à 8:26
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malgré une situation géographique un peu isolée, avec une grande métropole pas loin dotée d'un aéroport et d'un tgv à 2h00 de paris, grenoble avait bien tiré son épingle du jeu en misant sur la haute techno et le numérique. Cela à attiré aussi de no...

à écrit le 06/05/2015 à 8:18
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Les grenoblois ont voté Bravo

le 06/05/2015 à 20:52
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C'était quand même mieux que saffar et tout sa clique !...

à écrit le 06/05/2015 à 7:39
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Écologie : science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux.on pourrait ajouter "science" qu'il ne faut surtout pas mettre dans les mains, enfin la tête, d'un "écologiste politique". Au bout d'un moment il ne sais p...

à écrit le 05/05/2015 à 23:17
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J'imagine que le discours de Mr Peyrelevade est le même vis-à-vis de Tsipras. C'est une charge politique plus qu'économique. En bon serviteur du libéralisme, à travers un discours "économique", il s'en prend au socialisme économique, une tradition de...

le 06/05/2015 à 0:35
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Oui enfin si le socialo-économisme marchait ça se saurait et se verrait dans les courbes du chomage, quand à l'ecolo-collectivisme utopique bobo idem, regardez le monde en face, dans liberale il y a reel ! Réveil les baba cools 68 c'est fini !

le 06/05/2015 à 7:37
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Dans libérale, il y a 900 000 chomeurs de plus depuis l'arrivée de Hollande, et 20% des enfants français vivant dans des foyers en dessous du seuil de la pauvreté. Si le libéralisme ça marchait, ca se saurait ...

le 06/05/2015 à 8:14
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@gen vous confondez libéralisme et collectivisme à outrance

à écrit le 05/05/2015 à 21:58
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Pour avoir participé à des projets technologiques sur financement public, je peux témoigner d'un certain laxisme sur l'utilisation de ces deniers. De plus, M. Peyrelevade n'est peut être pas au courant mais la dotation de l'Etat aux collectivités loc...

le 05/05/2015 à 22:47
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@grenoblois: je crois que notre maire n'a pas compris que l'on ne vivait pas en vase clos. Les sociétés high-techs qui forment notre tissu économique seront tôt ou tard attirées par d'autres métropoles lorsque leur situation se dégradera. D'autres pa...

à écrit le 05/05/2015 à 21:45
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Bonjour, Effectivement Piolle a probablement un beau discours, presque rassurant, mais les aspects économiques sont en permanente contradiction, les signaux de mécontentement grandissent, BTP, culture, innovation (le signal sur les nanotechs au nive...

à écrit le 05/05/2015 à 21:24
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C'est clair ! Les écolos vont flinguer Grenoble comme Duflot a flingué le logement ... On ne peut plus rien faire dans cette ville de bobos écolos

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