Les universités d'entreprise, des outils de compétitivité

Oxymore pour certains, les « universités d'entreprise » qualifient les différentes structures ou organisations qui, au sein des entreprises, assurent un rôle de formation et de développement professionnel des salariés. Qu'on les nomme école, université, académie, institut ou encore campus, leur nombre ne cesse de croître, même en période de crise. Elles ne sont plus l'apanage des grands groupes et concernent un nombre croissant d'employés. Par Pascal Gustin, président d'Algoé

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(Crédits : DR)

D'abord dédiées à la transmission des savoirs, les universités d'entreprise ont pour vocation d'assurer la bonne intégration des nouveaux salariés aux savoir-faire et aux compétences propres à chaque activité. L'objectif est de garantir l'acquisition des qualifications nécessaires par des enseignements spécifiques et ciblés, pour les différents métiers de l'entreprise. Cet effort de transmission nécessite une réflexion sur les choix et la formalisation des éléments clés du métier. Les universités d'entreprise sont devenues à ce titre un lieu majeur de capitalisation.

Une vocation élargie

Au-delà de cette finalité première, la vocation de ces structures n'a cessé de s'élargir. Elles sont ainsi devenues rapidement un lieu de diffusion de la culture de l'entreprise, où se matérialisent et se consolident les caractéristiques identitaires des organisations. Accusées parfois de trop figer la culture et les représentations, elles sont beaucoup plus sensibles aux processus d'innovation. Lieu privilégié d'échange, elles participent de plus en plus aux processus de transformation et de changement, en permettant la mise en débat et l'appropriation par les salariés des évolutions structurelles et organisationnelles.

Le monde académique peu réactif

Conscients de la valeur des universités d'entreprise comme outil et catalyseur de conduite du changement, les dirigeants leur donnent maintenant des objectifs opérationnels. Dans un environnement de marché nécessitant réactivité et adaptation, elles sont un véritable outil de compétitivité, apportant une réponse souvent plus efficace que les formations initiales aux exigences de développement et de déploiement des ressources qualifiées.
Le monde académique semble en effet déconnecté des réalités opérationnelles de l'économie et du monde de l'entreprise et de l'emploi et apparaît comme peu réactif, ce qui peut expliquer le développement d'offres privées plus performantes. Le sujet est ancien et la très faible présence des entreprises dans la gouvernance de l'enseignement supérieur en est l'une des traductions.

Le 9 décembre 2014, le MESR a installé le comité Sup'Emploi. Composé de 22 membres, il vise à « renforcer le dialogue et les synergies entre l'enseignement supérieur et son environnement socio-économique, pour anticiper les métiers et les formations de demain ». Ce type de démarche n'est pas nouveau et se répète gouvernement après gouvernement. Peut-on y croire encore ? La conduite du changement mérite certainement d'être enseignée dans nos grandes écoles.

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