[Vous avez dit vacances ? Paroles de patrons 3/5] Valérie Merle : Un départ bien préparé pour partir sereinement

 |  | 644 mots
Lecture 3 min.
Valérie Merle, dirigeante de l'entreprise de maçonnerie Merle & Coste qui emploie 9 salariés, confie comment elle réussit à concilier développement de l'entreprise et congés pour se ressourcer.
Valérie Merle, dirigeante de l'entreprise de maçonnerie Merle & Coste qui emploie 9 salariés, confie comment elle réussit à concilier développement de l'entreprise et congés pour se ressourcer. (Crédits : DR)
[Série d'été / Portrait] La Tribune questionne tout au long de l'été plusieurs dirigeants d'Auvergne-Rhône-Alpes sur leur rapport aux vacances. Entre injonctions sociétales, plus-value pour l'entreprise et pour soi, ces femmes et ces hommes se livrent sans détour. Aujourd'hui, c'est Valérie Merle, dirigeante de l'entreprise de maçonnerie Merle & Coste (9 salariés) qui nous confie comment elle réussit à concilier développement de l'entreprise et congés pour se ressourcer.

De la trempe des visionnaires, Valérie Merle a acheté son entreprise de maçonnerie en 2013 à un artisan qui partait en retraite. Avec son associé Régis Coste, elle a créé Coste & Merle. Depuis, l'entreprise s'est forgée une solide réputation.

Dans sa vie précédente, la jeune femme a enseigné à la faculté des sciences économiques avant de travailler dans un établissement bancaire en tant que spécialiste de la prescription et de la promotion immobilière. Ses ancêtres étaient tailleurs de pierre et marbriers dès le 18ème siècle. Avec Merle & Coste, elle a paradoxalement mis ses pas un peu dans les leurs.

Envie d'un maçon ?

Aujourd'hui, son entreprise concilie maçonnerie contemporaine et savoir-faire d'autrefois. "Nous avons une spécificité sur la construction écologique, le béton de chanvre pour construire et isoler, et aussi la pierre et la chaux pour rénover les patrimoines bâtis".

En 2015, elle fait le buzz avec une campagne de communication au ton décalé. Son slogan interroge sur les panneaux d'affichage de Clermont-Auvergne Métropole : "Envie d'un maçon ?"

Depuis sept ans, Valérie Merle manage avec détermination ses neuf collaborateurs et ne compte pas son temps, son énergie et sa rigueur pour faire avancer sa société. 2020 sera la première année où l'entreprise ferme ses portes sur une aussi longue période.

"Traditionnellement au mois d'août, il ne se passe pas grand-chose, donc l'entreprise ferme. En général, nous n'arrêtons que trois semaines, mais là, le contexte est exceptionnel, nous fermons une semaine de plus".

Elle ajoute : "Comme il se passe beaucoup moins de choses que le reste de l'année, je permets à tout le monde de profiter de congés bien mérités. D'habitude, certains de mes collaborateurs prennent un mois pour partir à l'étranger, retrouver de la famille. Ce sera forcément une année particulière".

Une délicate déconnexion

Depuis le départ, l'entreprise fonctionne avec une organisation rigoureuse pour assurer le respect du délais et de la qualité des chantiers.

"Les premières années, je prenais le minimum de congés, uniquement lorsque l'entreprise était fermée, pendant quinze jours et le reste du temps je travaillais. Il y a toujours des éléments qu'on ne gère pas, des impondérables, des demandes de devis urgentes."

C'est pourquoi, depuis la création de l'entreprise, alors que ses collaborateurs s'arrêtaient tous les ans, elle assurait une veille :

"J'ai à coeur de faire bien les choses pour moi et pour les salariés. Donc même aujourd'hui, je ne déconnecte jamais à 200%. Merle & Coste, c'est un peu mon quatrième enfant, ça reste très important. J'y pense toujours".

"Il y a suffisamment de belles choses en France"

Dans l'année, bien qu'elle prenne quelques week-ends, Valérie Merle affirme se sentir très vite "forcément un peu coupable". "L'objectif principal, c'est d'assurer le fait que l'entreprise continue de se développer. Ce n'est qu'avec un départ bien préparé que je peux partir sereinement".

Pour elle, les congés demeurent une notion très personnelle et reliée à une forme de retour à soi-même. "C'est le moment où je peux faire ce que je n'ai pas le temps de vivre pleinement d'habitude : la lecture, du sport, rattraper le temps qu'on ne peut pas prendre pour soi au quotidien, avec sa famille, les enfants", énumère-t-elle.

Passionnée par l'architecture et le bâtiment, elle n'a pas besoin de partir nécessairement à l'étranger pour s'évader.

"Je trouve qu'il y a suffisamment de très belles choses en France, c'est une chance. J'aime le tourisme avec un objectif de découverte. J'aime aussi me rapprocher de l'océan, ou partir en montagne, dans la région ou ailleurs", conclut-elle.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :