[Vous avez dit vacances ? Paroles de patrons 2/5] Stéphane Lacourt, Antésite : "On a plutôt fait le choix de l’engagement cet été"

 |  | 847 mots
Lecture 4 min.
Stéphane Lacourt, le nouveau dg d’Antésite, a repris la marque Antésite en investissant aux côtés du président actuel, Adrien Mollard, mais également du business angel François Lévêque et du dg de Columbus Retail Jérôme Poisson.
Stéphane Lacourt, le nouveau dg d’Antésite, a repris la marque Antésite en investissant aux côtés du président actuel, Adrien Mollard, mais également du business angel François Lévêque et du dg de Columbus Retail Jérôme Poisson. (Crédits : DR/JMBlache)
[Série d'été / Interview] La Tribune questionne tout au long de l’été plusieurs dirigeants d’Auvergne Rhône-Alpes sur leur rapport aux vacances. Entre injections sociétales, plus-value pour l’entreprise et pour soi, ces femmes et ces hommes se livrent sans détour. Aujourd'hui, Stéphane Lacourt, le nouveau dg d’Antésite, a choisi un été plus morcelé mais synonyme de proximité et de retours aux sources, en vue de déconnecter après plusieurs semaines d’intense production, où son usine avait été dédiée à la fabrication de gel hydroalcoolique.

Vous venez tout juste de reprendre Antésite, une gamme de boissons utilisant, depuis sa création en 1898, les pouvoirs naturels de la réglisse. Cet été va-t-il vraiment être synonyme de vacances pour vous ?

Stéphane Lacourt : Je suis en effet rentré par augmentation de capital au sein de la société avec trois associés, à la fois du mois de novembre dernier. D'où le besoin de vacances que nous pouvons ressentir, car nous avons enchaîné non-stop depuis, avec un certain nombre de choses à mettre en place suite à notre arrivée.

Dans mon parcours, j'ai occupé des postes dans la boisson durant près de 25 ans, à travers des marques comme Tropico, Lipton Ice Tea, Orangina, ou encore Red Bull. C'est un peu comme Astérix et Obélix, une fois que l'on est tombé dedans, on continue !

Je recherchais à l'origine un site pour fabriquer l'un de mes produits, les boissons Têtes Brulées Bio et quand j'ai su qu'il y avait la possibilité d'investir, le projet s'est monté assez rapidement. Nous l'avons finalisé en l'espace de quatre jours avec mes associés (le business angel François Lévêque, le dg de Columbus Retail Jérôme Poisson, aux côtés du président actuel, Adrien Mollard, ndlr). Ce savoir-faire ancestral d'une PME à taille humaine nous animait particulièrement car nous étions tous les trois des fils ou petit-fils d'agriculteurs, attachés à la terre.

Comment avez-vous vécu la récente période de confinement ? A-t-elle été synonyme de prise de distance ?

J'aime les vacances car c'est une période qui permet de se ressourcer, encore plus particulièrement cette année, où le Covid-19 a fait que je me suis confiné pour travailler 7 jours sur 7, durant près de cinq semaines.

J'avais donc d'autant plus besoin de couper cet été. Cette période a d'autant plus été très particulière car nous avons tout mis en œuvre afin de produire des solutions hydroalcooliques. Il nous a fallu trouver des produits, des fournisseurs, recevoir des autorisations, en partant de zéro. Tout cela était très dense.

Nous sommes parvenus à produire près de 350 000 litres de gel, à raison de 18 000 litres par jour, grâce à l'aide de nos 26 salariés, ainsi qu'à l'embauche d'une quinzaine d'intérimaires. Cela a donné du sens et aussi une utilité à notre travail.

Pendant les vacances, réussissez-vous habituellement à décrocher ? Quelle est votre recette ?

Les choses sont un peu différentes désormais car nous avons récupéré une usine de production, qui ne ferme qu'en août. De mon côté, j'aime bien partir plutôt au mois de juillet habituellement. Et avec le Covid-19, j'ai plutôt fait le choix de l'engagement cet été, en restant plus près, pour dépenser un peu plus local si possible.

Je vais alterner en passant deux jours près d'un lac du côté de Reims, puis une journée pour aller visiter quelques bonnes caves et éduquer mes enfants aux bonnes boissons.

Je passerai également deux journées en montagne pour faire de la randonnée aux Gets (74), ainsi qu'une journée au lac Léman pour manger des bons filets de perche ! Etant passionné de montagne et ayant fait les chasseurs alpins, il s'agira d'une forme de retour aux sources.

Ce qui est certain, c'est que je n'aurais pas de télévision ni d'ordinateur ! Si je dois lire quelques mails, ce sera soit très tôt le matin, soit en fin de journée, et je ne gèrerai que les urgences. J'ai la chance d'avoir une équipe très fiable, sur laquelle je peux compter et déléguer.

Pour vos salariés, pensez-vous qu'il existe trop de congés, comme certains l'évoquent ?

De mon côté, je pense que les cinq semaines de vacances sont amplement méritées. C'est une formule assez équilibrée, qui permet aux gens de prendre de grandes vacances, ainsi que quelques grands week-ends sur différentes périodes.

Nous avions également réussi à nous organiser en interne afin que la journée de solidarité du lundi de Pentecôte, où les gens avaient envie de partir juste après le déconfinement, puisse être troquée contre celle du 8 mai. Tout le monde avait envie de souffler, et c'est encore le cas.

Nos équipes de production ferment pendant trois semaines en août et elles en ont bien besoin, après la période d'activité intense que nous avons connue.

Quelle serait votre lecture de l'été à conseiller ?

En ce moment, je lis un livre très en lien avec mon travail, qui reprend l'histoire des succès des marques de boissons. Car même en vacances, j'essaie de ne pas être complètement déconnecté des enjeux.

Mais je sais aussi me détendre et dire des gros romans plus classiques, comme du Ken Follett. Il faut cependant dire que lorsque je rentre de montagne le soir, je suis plutôt fatigué, je n'ai pas forcément le temps de lire !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :