Jean-Marie Cavada  : "Le courage, c'est maintenant ou jamais ! "

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LE MONDE D'APRES. Lui qui siégea au Parlement de Strasbourg de 2004 à 2019, lui dont la "conscience d'Europe" féconda dans la confrontation à l'indicible de la Seconde Guerre mondiale et grandit dans l'appréhension des grands conflits qu'il couvrit comme journaliste, n'élude aucun des poisons qui, dans le prisme de la crise pandémique, exposent une Europe fébrile, et même vacillante. Une Europe tétanisée par le sujet, éruptif, des souverainetés, affaiblie par son déficit de gouvernance, rongée et morcelée par les égoïsmes domestiques, désunie par l'ampleur des écarts de "valeurs" et l'acuité des dissensions qui compromettent sa double capacité de décider et d'agir. Le venin xénophobe, populiste, séparatiste n'a jamais été aussi virulent au sein de l'Europe, et la gestion de la pandémie pousse l'Institution européenne dans ses retranchements. L'Europe est mise à l'épreuve du Covid-19, son devenir est conditionné aux actes engagés aujourd'hui, aux enseignements mis à profit demain, mais aussi, professe Jean-Marie Cavada, aux leçons d'hier, celles de l'Histoire, Grande ou contemporaine, à l'aune de laquelle l'ancien Pdg de Radio France peut l'affirmer : "Ne versons pas les efforts qui ont enrichi les pays, garanti les libertés des nations, dans le fossé des décombres du virus. Tout séisme oblige les peuples et les dirigeants, il les ramène à l'évidence que seule l'union permet de gagner". L'exercice solidaire et exigeant de la responsabilité est donc, dans des proportions et une urgence inédites, convoqué. Solidaire, exigeant... et courageux, et cela des gouvernants comme des peuples. La condition pour "tirer parti de la crise pandémique qui nous fait changer d'époque. Nous aurons toujours besoin d'Europe. Et à partir de ce printemps 2020, plus encore, et même plus que jamais".

La Tribune : Ce moment si particulier de début de confinement, comment l'éprouvez-vous intimement, comment l'interprétez-vous intellectuellement ?

J'ai la chance de pouvoir vivre dans un endroit spacieux. Ce retrait de la vie urbaine n'a pas que des inconvénients. Bien sûr le contact humain réel me manque. De même, les déplacements dans la ville, ou en France dont les paysages superbes sont, depuis mon enfance, une sorte de gène qui fait partie de mon équilibre. Mais cet épisode inédit qui devrait changer beaucoup de "choses" dans nos vies, est une guerre. Et quand on se bat, on ne va pas se plaindre de nos contraintes : gagner une guerre, c'est quand la vie l'emporte sur la mort, presque tout le reste est alors secondaire.

Intellectuellement j'ai repris pied plus que jamais dans mes bibliothèques, mes livres, et creusé en moi-même. J'y trouve une sorte de confort nouveau qui me ramène aux essentiels décrits par les penseurs que j'aime. Moi qui idolâtre les biographies, l'Histoire, je trouve des similitudes entre le temps présent et les temps passés.

Vous avez été député européen de 2004 à 2019. A ce titre, du Parlement de Strasbourg, vous avez traversé nombre de crises. Celle dite financière de 2008, le "Non" au référendum de la Constitution européenne, le conflit géorgien, le déficit institutionnel, les échecs d'intégration, le silence sur la scène de la diplomatie internationale, les vagues migratoires, le désamour des autochtones et le vent d'euroscepticisme et même d'europhobie, la sécession britannique... Comment singularisez-vous celle du covid-19 ?

Ces évènements ont été souvent utilisés comme des preuves que l'Europe ne résisterait pas. Et pourtant, l'Union a franchi ces crises malgré les efforts des nationalistes de tout poil qui se sont employé à pousser dans le ravin l'idée européenne et ses institutions. On aura toujours besoin d'Europe. Sous des formes différentes, c'est un chemin suivi par les civilisations ou les Etats depuis plus de vingt siècles. La pandémie du Covid-19 nécessite plus d'Europe encore. Le virus n'a pas de frontière, et les Etats qui ont jalousement conservé les sujets de santé sous leur boisseau constatent que des points de vue de la recherche, de l'outil numérique, et surtout de l'économie, l'appui européen est précieux.

"Profitant de la désinvolture au sein des instances européennes, le petit « tyran du Danube » Viktor Orban ne cesse de pousser plus loin l'intolérable, l'inacceptable"

La poutre maîtresse de la charpente européenne est la solidarité, si régulièrement mise à l'épreuve. L'explosif sujet de la mutualisation des dettes, révélateur des fractures idéologiques et des disparités de performance, l'illustre. L'épreuve de la pandémie semble mettre particulièrement en danger cette solidarité...

On ne peut pas dire que certains Etats membres de l'Union, parmi les plus riches, se précipitent d'emblée au secours des plus faibles pour limiter la chute économique... Ce sujet soulève toujours des négociations âpres, et c'est compréhensible lorsqu'on sait les peurs des peuples et la crainte du lendemain. Pourtant regardez ! Presque toutes ces secousses que l'Europe a subies depuis vingt ans ont fini par trouver résolution grâce à la solidarité. Pour ne retenir que la crise financière de 2008 et l'effondrement de l'Europe du Sud, elle a renfloué et aidé à un retour à la stabilité. A propos du Covid-19, les tiraillements, notamment entre l'Allemagne et les pays du Sud, ont surgi. Mais la Banque Centrale Européenne fait son travail et s'il le faut, il est évident que les institutions iront plus loin.

Après avoir, au début, tâtonné, l'Europe était parvenue, lors de la crise de 2008, à riposter avec vigueur, cohérence et résultats. De nouveau, en débloquant dès les prémices de l'implosion 300 milliards d'euros destinés au rachat des dettes publiques et privées et en promettant l'injection de 1 000 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année, la BCE s'est montrée réactive. Il en ressort de nouveau l'impression que les compétences et l'organisation de l'Union européenne n'agissent efficacement que dans le domaine financier...

Balayons devant notre porte ! La France n'a pas été la dernière à vouloir garder sa souveraineté sur tout un tas de sujets, dans le concert égoïste qui s'est souvent manifesté lors des étapes successives de la construction européenne. La santé, comme le social, la justice, la police, la défense, l'éducation, la culture.... sont quelques-uns des domaines et des compétences que les Etats ont voulu conserver au nom de leur "souveraineté". En revanche, les pouvoirs de l'Union consignés dans les Traités font une large place à l'économie : et c'est indispensable dans un univers mondialisé. Mais nous aurions tort de penser que l'économie constitue le seul levier européen. Exemple ? C'est au niveau européen, et nulle part ailleurs dans le monde, qu'ont été élaborées quelques grandes décisions hors du champ de l'économie. La défense des libertés individuelles et collectives en est une magnifique illustration, surtout à l'ère du numérique.

"Je le crois fermement : les crises ramènent les opinions et donc les gouvernants aux besoins communs de solidarité et d'initiatives."

Nicolas Sarkozy avait exercé un rôle prépondérant dans la gestion de la crise financière, aux côtés d'une Angela Merkel alors solidement installée. Ce leadership avait contribué à l'efficacité de la parade européenne, et surtout à l'élaboration des directives qui allaient suivre afin de solidifier le socle financier et bancaire. Aujourd'hui la Grande Bretagne n'est plus dans l'Union, Angela Merkel sur le départ n'est, de facto, plus en mesure d'incarner ce leadership, l'instabilité domine en Italie et, dans une moindre mesure, en Espagne, le projet d'un premier cercle ou "task force" conférant aux nations les plus puissantes et intégrées dans l'Union un rôle décisionnel moteur, est morte. Mais où "est" Emmanuel Macron ? L'échec de l'Europe est-il celui de son déficit de leadership ?

La question du leadership européen a toujours été fluctuante. Souvenez-vous des départs de François Mitterrand et du grand chancelier allemand Helmut Kohl, l'homme qui effaça définitivement l'invasion de la moitié de l'Europe par les staliniens de Moscou. Leur retrait priva Jacques Delors, président de la Commission européenne, du moteur politique qu'ils avaient alimenté. Aujourd'hui, le plus encombrant, c'est la fièvre éruptive des nationalismes. A la loupe, toutefois, que constate-t-on dans le grand Etat le plus symptomatique, l'Italie ? La résistance au porte-drapeau de la Ligue Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et vice-président du Conseil des ministres en 2018 et 2019, a gagné, le pays s'offrant le luxe d'être pro-euro et pro-européen pendant que son gouvernement était clairement anti-européen. L'Histoire est un balancier, un accordéon, sensible aux courants divers, mais finalement le départ de la Grande Bretagne n'a pas, pour l'heure, suscité de nouvelles vocations séparatistes. Bien sûr, il n'y a rien de très satisfaisant dans ce ressac de la volonté politique européenne, et c'est d'ailleurs ce qui paralyse les ambitions communautaires d'Emmanuel Macron. Pour autant, je le crois fermement : les crises ramènent les opinions et donc les gouvernants aux besoins communs de solidarité et d'initiatives.

Cette pandémie "ré-enflamme" le sujet, cardinal, des souverainetés. Souveraineté de l'Europe, souveraineté de chaque Etat composant l'Union. De la bouche même de Bruno Le Maire, il faut restaurer patriotisme économique et relocalisation industrielle - révélées par la découverte, dans le domaine des équipements sanitaires et des médicaments, d'une dépendance considérable aux fournisseurs asiatiques. Comment la démocratie européenne et les démocraties nationales devront-elles s'emparer de ce double sujet, si éruptif, de la souveraineté et du patriotisme, qui constitue l'humus de l'idéologie populiste, nationaliste, et sécessionniste ?

Le patriotisme est une perspective étriquée, déformée, cannibalisée par les assoiffés de pouvoir nationalistes. Peut-on croire sérieusement que les résistants de la Seconde Guerre mondiale en Europe et notamment en France ont manqué de patriotisme alors qu'ils ont imposé la fin des tyrannies et conquis la paix ? Ils ont recouvré la liberté de leur pays, et imposé la bonne entente pacifique, la coopération qui en découle sur la partie libre du Continent. Ils étaient patriotes pour leur pays et patriotes pour la paix, c'est-à-dire les architectes d'un ensemble voué, autant que possible, à l'entente, à l'entraide. Ceux qui se retranchent derrière les frontières, comme si au-delà le diable et le poison régnaient, sont dangereux. Ils désignent toujours l'autre, le voisin, comme source du mal. Dans mon enfance d'après-guerre, je n'entendais pas parler des Allemands mais des "boches", les Italiens étaient des "ritals", les Espagnols "des moins que rien" alors que certains d'entre eux avaient combattu pour la liberté. Les Anglais n'étaient que des "rosbeefs" et les Américains des "corned-beef" : ces qualificatifs discriminants et xénophobes servaient-ils le patriotisme national ? Le vrai patriotisme, c'est l'amour de son pays et le respect amical des voisins avec lesquels sont signés des traités pour éviter l'hécatombe.

Bien sûr, le coronavirus montre que nous n'avons pas été sérieux en externalisant et délocalisant la fabrication de besoins médicaux de première nécessité (médicaments, équipements). Mais est-ce l'Europe ou l'ultralibéralisme mondial qui nous a fait accepter cette dépendance à la Chine ? Non : le "premier responsable", ce sont nos insouciances. Nous avons raisonné comme si le monde était peuplé de pacifistes "bisounours", comme si aucune nouvelle catastrophe, guerre, ou bataille d'influence n'était susceptible de survenir. Ce que notre dépendance sanitaire montre aura pour théâtre d'autres domaines que celui de la santé. La prudence commande un équilibre, et l'Europe n'a émis aucune directive pour imposer de céder à la Chine le marché de certains équipements médicaux. Certes, un élan de solidarité européenne entre les pays membres aurait pu être plus fort. Mais nous ne pouvons nous en prendre qu'à nous-mêmes : l'Europe n'intéresse qu'à moitié ses électeurs, et les dirigeants que nous avons élus par le passé ont signé des traités du genre "je t'aime moi non plus". D'autres exemples ? Le crime est international, or les polices sont nationales quand elles ne se surveillent pas entre elles. Le terrorisme est-il local ? Il est mondial, mais au niveau européen on se contente de coopérer, malgré les acquis récents en matière de justice qui restent encore bien insuffisants. L'Europe, pour beaucoup de peuples, est l'oncle lointain dont on attend les bienfaits de l'héritage sans trop faire d'efforts pour le mériter.

La Chine s'immisce dans les racines économiques, mais aussi "démocratiques" en Europe. En Grèce mais surtout en Italie, elle s'est saisie de la grande défaillance des Etats pour infiltrer la substantifique moelle de ces grandes nations. La lutte contre la pandémie en est une nouvelle occasion comme, initiée plus tôt, la séduction qu'elle exerce avec sa fameuse "Route de la Soie". Preuve que de la faiblesse de quelques Etats peut dépendre, par contagion, l'affaiblissement de toute l'Europe ?

Là aussi, Bruxelles n'a ordonné aucune cession de territoire, aucune vente de ports ou d'aéroports à la Chine. C'est parmi les Etats membres que ces tentations ont trouvé preneurs. Il aurait été utile que l'Europe s'inspire des lois protectrices américaines. Mais là encore, qui a rogné les pouvoirs communautaires de l'Union si ce n'est ses propres Etats membres ? Alors c'est vrai, la gestion économique ou l'âpreté financière de certains pays de l'Union ont laissé entrer le loup dans la bergerie. L'Afrique et notamment l'Ethiopie sont l'illustration de l'entrisme chinois auquel l'Europe répond par la désinvolture : une colonisation économique nouvelle, et le monde ferme les yeux sur ce qui pourrait devenir un nouveau conflit de puissance. Un foulard de soie, c'est charmant : sauf s'il sert à vous étrangler. L'Histoire critiquera sévèrement la nonchalance de l'Europe vis-à-vis de l'Afrique. Bien sûr l'Union y aide financièrement certains programmes, tout cela n'était pas une diplomatie, encore moins une alliance et en tout cas pas un avenir soudé avec un continent frère. Il y aurait pourtant urgence. Quand John Fitzgerald Kennedy voulut redorer le blason de l'Amérique, ne serait-ce que pour lutter contre l'expansionnisme communiste, Washington initia les "peace corps" : des bataillons de jeunes Américains envoyés à travers le monde, qui avaient pour double mission d'apprendre les modes de vie des pays qu'ils visitaient et d'évangéliser la démocratie américaine. L'Afrique a besoin d'éducation, de santé, de technologies pour valoriser ses prodigieuses ressources naturelles et humaines : où sont les "peace corps" européens ? Et pour servir quels programmes de développement ? Pour l'heure, c'est essentiellement la Chine qui s'en charge, même si la France à son niveau n'est pas absente.

"Ceux qui se retranchent derrière les frontières, comme si au-delà le diable et le poison régnaient, sont dangereux. Ils désignent toujours l'autre, le voisin, comme source du mal. Dans mon enfance d'après-guerre, je n'entendais pas parler des Allemands mais des « boches », les Italiens étaient des « ritals », les Espagnols « des moins que rien », les Anglais des « rosbeefs » et les Américains des « corned-beef » : ces qualificatifs discriminants et xénophobes servaient-ils le patriotisme national ?"

Quatorze gouvernements des pays d'Europe de l'ouest ont cosigné une déclaration, ils s'y présentent "profondément préoccupés par le risque de violation des principes de l'Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux découlant de l'adoption de certaines mesures d'urgence". Dans le viseur, la Hongrie, qui a adopté le 31 mars une loi assurant au Premier ministre Viktor Orban de diriger le pays par décrets et ainsi lui conférant les pleins pouvoirs pour une durée illimitée. Voilà de nombreuses années qu'il provoque et défie, sans véritable riposte, l'Union. De quoi susciter, dans le contexte d'hyperfragilité institutionnelle exacerbée par la crise pandémique, quelque idée au sein d'autres régimes de l'est européen ? D'autres dérives illibérales sont-elles à craindre, jusqu'à provoquer l'implosion de l'Union ?

En effet, voilà presque dix ans que le sujet de la dérive des gouvernants hongrois se pose. Au Parlement européen, j'ai fait partie de ceux qui réclamaient des sanctions contre Budapest et notamment l'application du fameux article 7 - il stipule qu'après avoir constaté "l'existence d'une violation grave et persistante par un État membre des valeurs visées à l'article 2 (dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, État de droit, ainsi que droits de l'homme)", le Conseil peut décider de suspendre certains des droits, y compris de vote, NDLR. Pour de vulgaires raisons de petite politique, les conservateurs du Parti Populaire Européen et ceux qui pensaient comme eux dans les Institutions de Bruxelles, se sont opposés à ces sanctions. Le résultat fut catastrophique, car depuis, le petit "tyran du Danube" ne cesse de pousser plus loin l'intolérable, l'inacceptable. D'abord ce furent les purges dans les médias publics et l'affectation des médias privés à ses amis. Puis il enchaîna avec une réforme plaçant la justice à sa botte, sous la surveillance d'un bureau politique. Visiblement ce n'était pas suffisant : aujourd'hui, après avoir bloqué ses frontières sans discernement à tout migrant, il mène une campagne honteuse pour exciter le nationalisme domestique en s'en prenant à Georges Soros, Américain d'origine danubienne, rescapé d'Auschwitz et devenu un grand mécène pour les combattants en faveur de la démocratie. La dernière étape, c'est effectivement le gouvernement des pleins pouvoirs à coup de décrets. L'Europe pourfend les apprentis dictateurs surtout quand ils ne sont pas membres de l'Union. Je ne confonds pas le malheureux peuple hongrois qui porte encore les cicatrices de sa courageuse révolution de 1956 ; mais quelle tristesse pour l'Europe...

A ce jour, cette dernière devrait tirer les leçons qu'elle subit, ou prévoir celles qui l'attendent afin de faire respecter strictement les principes signés dans ces traités. Les subsides communautaires ne devraient aller de pair qu'avec l'application des principes de l'Union.

Que la compétence de la santé relève davantage des Etats que de l'Europe a mis en exergue une périlleuse cacophonie des stratégies de lutte contre la pandémie. Quoi de commun entre celle des Pays-Bas et celle de sa voisine belge ? C'est révélateur des dangers que l'absence de cohérence des politiques domestiques fait peser sur la santé démocratique de l'Union européenne. De cette crise surgira-t-il une prise de conscience fédéraliste, davantage "intégrative", ou au contraire un renforcement des logiques, puis donc des mécanismes, de morcèlement et d'isolement ?

Dans l'urgence sanitaire provoquée par ce virus sur lequel on ne sait pratiquement rien, chacun a réagi d'une même façon : "sauve qui peut". Que des Etats aient bouclé leurs frontières très provisoirement dès l'instant qu'on a compris que la transmission du Covid 19 se faisait essentiellement de personne à personne, ne me choque pas. En revanche, de cette crise ressortent, cruellement, plusieurs faits saillants. Primo, chacun a essayé de tirer son épingle du jeu en matière de commandes d'équipements sanitaires : respirateurs, blouses, lunettes, masques, gants, et surtout tests et fabrication des ingrédients nécessaires à leur fonctionnement. Secundo, le plus éreintant pour ceux qui, comme moi, ne voient aucun destin mondial dans le repli national, est de s'épuiser à faire comprendre qu'il est temps de déléguer (et non pas donner) des souverainetés nouvelles dans des domaines où les pays de l'Union se débattant seuls dans la mondialisation n'aboutiront à rien. Tertio : en matière de santé, on aurait pu imaginer que le Conseil de l'Union (les Etats) exige de la Commission européenne qu'elle commande ces équipements immédiatement et les répartisse au prorata des populations (et d'abord soignantes) de chaque pays membre. La puissance commerciale de l'Europe aurait évité ce lamentable spectacle d'avions à escales improbables et de vols jusque sur les tarmacs.

Toutefois, il n'est pas contestable que plusieurs efforts sérieux, dans la limite des pouvoirs dont elle dispose, ont été accomplis par la Commission. Pour l'instant par exemple, son attitude prudente dans l'emploi de l'outil numérique à usage du dépistage des personnes infectées. Mais aussi l'ouverture d'une plateforme open source européenne, mettant à la disposition des chercheurs et soignants les innombrables informations issues du foisonnement des travaux de recherche collectés. Quand donc les Etats comprendront-ils que dans une guerre, seule l'union confère une chance de gagner ? Et quand donc oseront-ils le déclarer avec force pour en convaincre leurs opinions publiques ?

"Est-ce l'Europe, est-ce l'ultralibéralisme mondial qui nous a fait accepter notre dépendance à la Chine ? Non : le « premier responsable », ce sont nos insouciances."

Beaucoup est "dit", c'est-à-dire annoncé, sommé ou espéré, sur la dynamique de "démondialisation" qui pourrait résulter des enseignements de la crise. Un mouvement de "déseuropéanisation" peut-il, au nom des mêmes logiques mais rapporté à l'échelle du "vieux continent", fermenter ?

L'intérêt des crises est que toutes les cartes sont rebattues. La vitesse à laquelle les règles budgétaires issues du traité de Maastricht ont volé en éclat sans la moindre contestation en témoigne : en une journée, exit la règle des 3% du PIB de déficit budgétaire. Cela prouve que les drames peuvent être fertiles en audace politique créatrice. Beaucoup de pays de l'Union vont rejoindre le hit parade des Etats mondiaux les plus endettés, en tête desquels trônent depuis longtemps le Japon et les Etats Unis. Les pays du sud de l'Europe, qui ne possèdent pas les réserves financières que l'Allemagne a conquises par le succès de ses exportations, vont devoir être réorganisés. En particulier, et la France est de ceux-là, il faudra financer par la dette, l'emprunt et le financement international, dont celui de l'Europe, la restauration des services de santé et la relance des économies ravagées par la crise pandémique.

Si l'Europe n'a pas réussi à consacrer un leader, qu'au moins alors les plus progressistes d'entre eux entrent en scène ensemble, à trois, quatre ou cinq, pour exprimer les leçons de cette crise et les pas en avant qu'ils veulent en conséquence faire effectuer à la construction de nouveaux pouvoirs politiques communautaires.

La démondialisation a plusieurs visages. Chacun a compris qu'il faut rapatrier la production de biens de première nécessité, dans les pays de l'Union. On verra si ces aspirations à quitter l'Asie ou les Etats-Unis pour se soustraire à la dépendance seront suivies d'effet ; la résistance des grands groupes mondiaux s'annonce en effet très élevée, et un retour à l'autorité souveraine de l'Union et de ses Etats membres sera nécessaire pour imposer par la loi ou le décret ce que la négociation n'accomplira pas.

Les opinions publiques ont peur. Cette peur forme une force politique qu'il faut canaliser au profit d'une construction solidaire de l'Europe, il ne faut pas la laisser dériver vers les isolationnismes nationaux. Qui pourrait comprendre qu'on propose un avenir nous ramenant à 1957 (Traité de Rome), 1962 (Politique agricole commune) ou d'autres étapes encore de l'histoire de l'Europe ? Ne versons pas les efforts qui ont enrichi les pays, garanti les libertés des nations, dans le fossé des décombres du virus. Il faut faire preuve de courage, et c'est le moment de le montrer. Ne cherchons même pas l'unanimité des vingt-sept ; construisons de nouvelles politiques offensives et protectrices dans l'UE avec les volontaires : "qui m'aime me suive". C'est désormais la meilleure façon d'interrompre le recul déjà important du sentiment européen.

Dans cette crise, "l'Europe joue son destin", estime Thomas Gomart. Son destin intérieur, celui aussi à l'échelle de la planète. "Les Européens risquent de sortir de cette crise appauvris, désunis, et encore plus dubitatifs sur leur participation aux affaires mondiales", redoute le directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri). De cette pandémie susceptible de peser jusque dans les urnes du prochain scrutin présidentiel américain, il est possible qu'elle déplace le barycentre des rapports de force politiques et diplomatiques sur la planète. L'Europe, dépourvue d'une diplomatie, d'une armée, et donc d'une influence réelle, est aphone. Néanmoins, son rayonnement international peut-il tirer un profit, même mineur, de ce "moment historique" ?

Les penseurs sont parfois dépressifs ! On peut les comprendre : le "spectacle du monde" n'est pas toujours gai. Mais les lamentations ne profitent qu'aux faibles et à l'industrie des Kleenex. Connait-on un siècle dans l'histoire de l'humanité qui n'ait connu d'aussi terribles combats que ceux menés aujourd'hui ? Faut-il rappeler les ravages de la peste, du choléra, de la tuberculose, mentionner le sida, ébola ? Peut-on oublier les guerres qui ont entaillé le passé, parfois même enflammées par des pandémies comme celle de la grippe espagnole lors de la Première Guerre mondiale ?

Les séismes, par ces grands bouleversements, obligent les peuples et leurs dirigeants. Le temps n'est plus à se lamenter, réclamer, disserter. Si les leaders mondiaux s'en étaient tenus à cela à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les batailles se seraient poursuivies, les armes ne se seraient tues qu'à l'épuisement de tous les peuples entraînés dans le conflit.

L'Europe ne possède qu'un des trois instruments qui confèrent la puissance : une monnaie solide dans une économie qui, avant la pandémie, fut riche. La France lui a refusé en 1954 une défense commune, et elle tergiverse sur une diplomatie effective de l'Union. Le moment est venu que quelques pays membres leaders franchissent les égoïsmes nationaux attisés par de grands groupes industriels, coopèrent, s'unissent, et s'imposent dans le monde. Il faut tirer parti d'une crise qui nous fait changer d'époque. A cette fin, il faut parler aux opinions. Et, pour s'en persuader, ne pas hésiter à convoquer l'histoire : si le général de Gaulle ou Winston Churchill s'étaient abrités derrière le sentiment national dominant en 1940, ils n'auraient pas pu "entraîner" leurs pays et, par leur courage, renverser progressivement leurs opinions publiques respectives qui ont fait d'eux - et des Américains un peu plus tard - les alliés vainqueurs de la tyrannie nazie.

"Ne cherchons même pas l'unanimité des vingt-sept ; construisons de nouvelles politiques offensives et protectrices dans l'UE avec les volontaires : « qui m'aime me suive ». C'est désormais la meilleure façon d'interrompre le recul déjà important du sentiment européen."

Votre "amour" de l'Europe, votre engagement en faveur de la "nation européenne", et auparavant votre vocation de journaliste, ont pour origine le "tragique". Celui, notamment de la Seconde Guerre mondiale, celui aussi des régimes despotes sous le joug soviétique. Le politologue Pascal Perrineau retient de la pandémie qu'elle réintroduit dans nos consciences, nos raisonnements, et nos actes, l'existence de ce tragique dont la vulgate se croyait pour toujours prémunie grâce aux progrès de la mondialisation et de la science. Ne faut-il pas se féliciter de ce "retour du tragique" ?

Pascal Perrineau a raison. A la chute du mur de Berlin en novembre 1989, il s'est trouvé un penseur, Francis Fukuyama, pourtant respecté, pour clamer : "C'est la fin de l'Histoire". J'étais révolté par autant de naïveté dans un cerveau aussi célèbre. Je sais, presque physiquement, que la rumeur de fond de l'Histoire est d'abord tragique : les peuples s'envient, se surveillent, se détestent quand des leaders dérangés, malveillants ou machiavéliques les entraînent dans ce sentiment. Ils finissent par penser qu'ils trouveront leur salut en affaiblissant ou en détruisant le voisin. Pendant plus de vingt siècles, le continent européen ne fut que ravages, maladies, famines. Et pourtant la pensée de l'homme de bonne volonté, celle du leader visionnaire et courageux ont permis la paix, développé la science, favorisé l'épanouissement économique et protégé les fulgurances magnifiques de la pensée humaine.

J'en tiens la preuve par son contraire. Mon premier souvenir d'enfant n'est pas le doudou chaleureux qui permet à nos charmants marmots de calmer leurs angoisses. Non : ce premier de mes souvenirs de bambin, encore vivace aujourd'hui, c'est l'irruption d'un commando de la Gestapo armé jusqu'aux dents, tenant en laisse des chiens plus hauts que moi dont je voyais les crocs et la bave, venu inspecter la ferme où on m'élevait à la recherche de résistants. Jusqu'à l'âge de dix ans, quand mes yeux se portaient sur la forêt tapissant la montagne d'en face, je ne voyais que des moignons de sapins, rasés par les bombardements allemands qui ripostaient aux attaques alliées. J'ai vu, dans mes yeux de petit enfant, l'exécution de maquisards plus jeunes les uns que les autres. Je connais la mort naturelle des humains ; mais pour penser, je n'oublie jamais, en constatant les soubresauts de l'Histoire, le regard de ces garçons qui s'affaissaient tout à coup sous la mitraille. Robert Schuman l'a déclamé : "Plus jamais cela". Ce qui signifie que le courage et l'effort de paix des hommes peuvent dériver le cours de l'Histoire.

"Moment historique", évoquions-nous il y a quelques instants. Vous qui êtes précautionneux des balises de l'histoire, est-il possible de positionner ce "moment" dans l'histoire de l'Europe contemporaine, et même dans l'histoire de l'Histoire ? Ce moment de l'histoire peut-il être celui d'une disruption civilisationnelle ?

Nombre d'historiens estiment que les pandémies ont souvent transformé ou détruit les civilisations. C'est vrai pour plusieurs d'entre elles. Je ne pense pas que la civilisation européenne dont l'épicentre est une aspiration aux libertés, puisse être anéantie par cette crise. En revanche, si nous voulons accompagner l'inéluctable monde nouveau qui se présente à no(s)tre porte(s) depuis une trentaine d'années, il faudra changer de systèmes et de comportements, afin de préserver, précisément, les sens de la civilisation que nous avons réussi à faire triompher malgré le Mal.

Des secteurs d'activité, des métiers, des organisations du travail tirent un profit substantiel de la crise. C'est le cas du télétravail, des plateformes de divertissement, des sites de ventes en ligne. L'économiste Daniel Cohen prophétise que ce moment de l'histoire économique va accélérer la prise du pouvoir du "capitalisme numérique", ce capitalisme de bas coûts et de datas aux mirifiques profits et aux débouchés les plus insaisissables. Insaisissables et qui font peser de lourds nuages sur l'organisation même du monde, celle des démocraties. Et sur les libertés. Ce capitalisme est aux mains des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) américains et de leurs pendants asiatiques (Baidu, Alibaba, Tencent, etc.) que vous connaissez bien : vous avez ferraillé contre eux, contre la "redoutable" puissance et les "basses manœuvres" de leurs lobbys, pour obtenir notamment la loi sur les droits d'auteur. Cette disruption civilisationnelle peut-elle être la leur ?

Que le numérique, qui peut être une "bonne chose", fasse l'objet d'une surpuissance capitalistique, n'est hélas pas nouveau. Que le moment soit venu, plus fortement que jamais, de faire acte d'autorité pour réguler le fonctionnement de cet outil, est une évidence urgente à régler. L'Europe a esquissé une troisième voie entre le numérique vert-dollar de Wall Street et la nouvelle armée rouge digitale entre les mains des gouvernants de Pékin. Avec la création d'un poste de contrôleur des données en Europe (à la fin du siècle dernier) doté de différentes directives, l'Union européenne a tracé un chemin auquel j'ai, en effet, activement participé. Ce fut le cas pour le règlement général de protection des données (RGPD), applicable dès mai 2018, pour la protection des lanceurs d'alerte, et pour la directive "droits d'auteurs" dont le but était d'obliger les Gafam à reconnaître la valeur des contenus créatifs - de la presse comme du monde artistique. C'est "chose faite", et maintenant ces mastodontes se heurtent à des décisions bienvenues de tribunaux nationaux.

Mais un mur reste devant nous. Peut-on accepter que la puissance financière accumulée par des compagnies qui refusent de se soumettre aux lois en vigueur puisse durer ? Doit-on continuer à supporter que la trésorerie d'un seul d'entre eux pèse près de dix fois la valeur marchande consolidée des quatre principaux opérateurs téléphoniques européens ? Pire : est-il sérieux de les laisser corrompre la nature profonde des démarches électorales, les uns en finançant des campagnes, les autres en faisant voter scandaleusement et clandestinement des données non américaines pour un Président américain ? Et comme si ce n'était pas suffisant, voilà que l'un d'entre eux - le Pdg de Facebook, Mark Zuckerberg - veut créer sa propre monnaie, qui profitera en premier lieu à la black économie. Les lois anti-trusts existent surtout pour des compagnies qui ont copieusement volé leurs fournisseurs, qui n'ont accepté ni les lois en vigueur dans nos sociétés s'agissant des discriminations, ni de régler leur juste impôt dans les pays dont pourtant ils profitent des infrastructures. La voilà, l'"autre" bataille de défense des biens communs et de liberté. Et elle durera jusqu'à ce que les smartphones soient cantonnés à des outils auxquels il n'est pas question de nous soumettre. Je ne veux pas être le smartphone de mon smartphone.

"Comme toutes les activités humaines de la pensée et de la recherche, la suprématie de l'Homme doit être proclamée, imposée, contrôlée. Il faudra bien mener les combats qu'impose la grandeur de l'homme qui n'a à se prosterner devant aucune technologie."

L'emploi des données personnelles, la traçabilité par les téléphones portables, et l'évaluation, consubstantielle, des "comportements citoyens" aux fins, officiellement, de lutter contre la propagation de la pandémie, ont été, tout aussi officiellement, salués par la propagande chinoise. Officiellement, mais pas seulement : le "primat collectif" est prégnant au sein de la culture chinoise. Ce type de dévoiement, sous des formes bien sûr moins spectaculaires, et légitimé par l'urgence sanitaire, peut menacer les libertés en Europe, exercer le risque d'une "nouvelle ère de surveillance numérique" ainsi formulée par Amnesty International ou Human Rights Watch. Or ces mastodontes du numérique investissent massivement dans des domaines stratégiques, où se concentre, en matière de liberté, leur premier adversaire : l'autonomie de penser. Il en est de l'éducation, des connaissances, de la création artistique, il en est de la santé, et l'effroyable conjoncture est une boite de Pandore. Dans la course à la maîtrise et à l'exploitation des datas, peuvent-ils franchir un pas supplémentaire et devenir, un peu plus encore, les "big brothers du XXIe siècle" ainsi qualifiés par le généticien Axel Kahn ?

Dans ce paysage, je vois se lever beaucoup de protestations. Des universités américaines, des chercheurs mondiaux, d'éminents sociologues dont le français Michel Wieviorka et bien d'autres tirent les sonnettes d'alarme. Pour l'heure, ces personnalités sont éparpillées. C'est l'une des raisons pour lesquelles, avec des chercheurs internationaux regroupés autour de personnalités de la Sorbonne, nous travaillons à produire du droit, mais aussi à rassembler ou rejoindre ceux qui partagent notre préoccupation et épousent notre cause. Mieux, des gouvernements (notamment celui de la France) ou des Institutions européennes (comme la Commission) posent des barrières, y compris dans l'utilisation du numérique pour lutter contre une pandémie qui a fabriqué tant de peurs au sein des peuples. Si ces instances réussissent, le courage aura payé.

"Le jour d'après, ce ne sera pas un retour aux jours d'avant", a clamé le chef d'Etat dans son allocution du 16 mars. Et chaque jour qui passe le corrobore, plus guère d'observateurs (politologues, sociologues, scientifiques, anthropologues) contestent l'obligation ou l'opportunité d'un aggiornamento. En résumé, comment imaginez-vous et comment espérez-vous que prenne forme ce "jour d'après" ? Le "Monde d'après" peut-il être le prolongement, proportionné aux moyens technologiques et scientifiques de notre époque, du "Monde d'hier" de Stefan Zweig ?

Quand Stefan Zweig a composé Le Monde d'hier, il était comme le peintre Vélasquez devant les Menines : il décrivait la beauté et la douceur d'un monde qu'il avait vécu, et qu'il voyait voler en éclat. La vraie leçon de la tyrannie nazie qui a plongé le monde dans le désastre, il l'éprouva à Londres, le 23 septembre 1939, lors des obsèques de son ami Sigmund Freud, comme lui juif persécuté et réfugié. Et c'est le 23 février 1942 au Brésil qu'il tira le trait définitif, se suicidant avec son épouse.

Depuis quelques années, le monde voyait bien que la détérioration climatique, et l'irruption massive du numérique allaient reconditionner nos existences. La lutte contre le virus a éclipsé provisoirement l'urgence climatique mais a placé la régulation numérique au centre du "jour d'après". Je suis de ceux à qui mon ami défunt Michel Serres a rappelé les deux facettes de l'histoire des sciences. Le coté bienfaiteur de l'humanité est indéniable. On ne dira jamais assez que Pasteur le franc-comtois et son patient Schulmeister ont délivré l'humanité de bien d'autres pandémies. La liste de ces découvreurs est merveilleusement longue jusqu'à aujourd'hui. Mais Marie et Pierre Curie n'avaient pas pensé un seul instant que la découverte de l'atome allait commettre des bienfaits et des crimes. Comme toutes les activités humaines de la pensée et de la recherche, la suprématie de l'Homme doit être proclamée, imposée, contrôlée. Il faudra bien mener les combats qu'impose la grandeur de l'homme qui n'a à se prosterner devant aucune technologie. Le "jour d'après" sera au moins cela.

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a écrit le 30/04/2020 à 16:45 :
Je pense que la pandémie contraint l'ensemble des dérigeants à changer en profondeur car le virus est là pour de nombreuses années! le vaccin contre le SIDA n'existe toujours pas, il ne faut pas se faire d'inlusion le COVID-19 impose le changement.
a écrit le 27/04/2020 à 11:05 :
personne ne croit que notre 1er ministre issu de la droite et de la mondialisation
peut changer lui qui hier encore refuse tout dialogue avec les représentant syndicaux.
ou qui décide tout seul sans même dialoguer avec les députes des mesures de déconfinement lui qui pendant le confinement a été incapables de réquisitionné les entreprises pour produire le minimum vitale qu'il a fallut acheter e des pays qui eux été aussi touché a croire qu'il c'est confiné sans lien avec l'extérieur ce qui une désertion
ou la dernière preuve de son incapacité a diriger
se croit 'il supérieur
a écrit le 27/04/2020 à 10:06 :
LOL !

Le gars qui aura passé sa vie à servir les plats à la classe dirigeante. Ils ont pas honte les gars quand même hein...

Merci Audiard.
Réponse de le 27/04/2020 à 12:57 :
Bine vu ! je pensai la même chose en lisant l'article , les indispensables ressortent avec la sortie du confinement , comme les petits scarabets glouton sur les patates .
Réponse de le 27/04/2020 à 16:54 :
" Le venin xénophobe, populiste, séparatiste n'a jamais été aussi virulent au sein de l'Europe, et la gestion de la pandémie pousse l'Institution européenne dans ses retranchements"

Et du premier choix monsieur ! ^^

"Ils sont frais mes bobards pêchés de ce matin ! Qui en veut de mes bobards, allez allez yen aura pas pour tout le monde !?"

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