Télévisions locales cherchent rentabilité

Les temps sont durs pour les télévisions locales. A commencer par Télé Lyon Métropole (TLM) qui fait l’objet d’une procédure de sauvegarde depuis le 27 novembre.

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

En cause : l'érosion générale du marché publicitaire qui touche peu ou prou tous les médias, dont TLM à hauteur de 12 % au troisième trimestre 2012. "Après une période d'attentisme liée aux élections, la rentrée a été plutôt difficile, explique Jean-Pierre Vacher, Pdg de TLM. Au bout de deux mois, nous avons donc demandé à être placés en procédure de sauvegarde, le temps de se réorganiser et de se donner les moyens de repartir du bon pied." Mise en observation pour six mois avec un gel de ses dettes, TLM, sortie du groupe Le Progrès il y a deux ans, n'entend pas perdre son indépendance. En l'occurrence, passer sous la houlette de Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique lyonnais, qui s'était déjà porté candidat au rachat en 2010. "TLM n'est pas à vendre. On peut ouvrir le capital ; toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, affirme Jean-Pierre Vacher qui entend plutôt mettre en oeuvre un partenariat ou des échanges éditoriaux. L'OL aurait tout à gagner à ce que ses programmes soient vus par davantage de Lyonnais." La télévision lyonnaise, détenue par une quinzaine d'actionnaires, dont le Pdg de la chaîne, le Crédit Agricole Centre-Est ou l'Institut Mérieux, s'achemine ainsi tout droit vers une restructuration. "L'idée est de trouver la rentabilité par une réduction des charges. Malheureusement, on ne fera pas l'économie d'une réorganisation de la chaîne qui passera par quelques départs", analyse Jean-Pierre Vacher. En ligne de mire : trente personnes en équivalent temps plein, dont une douzaine de journalistes. La chaîne entend également continuer à diversifier ses activités, en développant ses opérations de production et de captations d'événements pour le compte de tiers. Sans oublier des partenariats accrus avec les collectivités locales. Le Pdg se veut confiant : "Nous avons une importante marge de manœuvre en la matière. L'idée de la sauvegarde est d'ailleurs aussi de créer un électrochoc auprès de tous les décideurs économiques et politiques."

 

Un équilibre précaire

Si les autres télévisions locales rhônalpines parviennent à l'équilibre, celui-ci n'en reste pas moins précaire. "Si nous n'avions pas pris la décision de réduire la structure il y a trois ans pour remettre la chaîne à l'équilibre, nous ne serions plus là. A TéléGrenoble, on ne dépense pas l'argent que l'on n'a pas", confirme Gérard Balthazar, le président de la jeune chaîne créée en 2005. Un adage partagé par Yves Faure, directeur général de Télévision Loire 7 (TL7), dont le président n'est autre que Michel Vincendon, vice-président de Saint-Etienne Métropole: "Nous n'avons pas le droit d'être déficitaire. Notre grille de programmes fluctue donc en fonction de nos rentrées publicitaires pour ne pas dépenser plus que nos recettes". Un exercice d'autant plus difficile qu'en France, les chaînes locales ne touchent aucun subside de l'Etat. "Si la majorité des télés locales est soutenue par les collectivités, elles n'ont pas d'aides de l'Etat, contrairement à la PQR, France Télévisions ou le réseau France Bleu. Or nous avons nous aussi une mission d'intérêt général et assurons un vrai lien social", estime Gérard Balthazar. Quant à l'arrivée de nouvelles chaînes nationales de la TNT, elle n'a rien arrangé. "Les chaînes locales ont été repoussées plus loin pour leur laisser la place. C'est une façon de nous déconsidérer", s'insurge Paul Rivier, Pdg de TV8 Mont Blanc, qui, contrairement à ses homologues vise une diffusion nationale, notamment via le satellite. Face aux difficultés croissantes, les Petits Poucets du PAF ont bien compris l'intérêt de créer des synergies, en particulier en Rhône-Alpes. Signe des temps, les premières assises des télévisions locales de France devraient se tenir à Grenoble, fin janvier 2013. 

 

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